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Elizabeth McCoy
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MessageSujet: Re: Voir Venise et... Mer 14 Mai - 0:13

    « Je ne le laisserai pas te toucher, je te le promets. »

    Liz ouvrit les yeux lorsque Tyler murmura ce serment à son oreille. Dans un geste instinctif, elle lui caressa la joue. Elle ne comprenait pas exactement le sentiment qui la liait au jeune homme. Elle éprouvait, certes, pour lui, un désir pur et simple, mais elle avait la très nette impression qu’il y avait entre eux, bien plus qu’elle ne le croyait. Liz ne pouvait pas définir cette délicieuse euphorie qui l’envahissait lorsqu’il apposait ses lèvres sur les siennes. Son cœur accélérait et battait à une vitesse fulgurante, ses paumes devenaient moites, et elle ne contrôlait plus ce besoin impératif, presque vital, de se blottir contre son torse. N’était-ce pas les signes précurseurs de l’amour ? Non. Elizabeth n’y croyait pas. Pas après tout ce qu’elle avait vécu. Pourtant, la demoiselle évitait de trop se questionner sur sa relation avec Tyler. Pour la première fois depuis toujours, elle ne souhaitait pas connaître de réponses à ses nombreuses interrogations. Elle se contentait de profiter de l’instant présent, sans réfléchir à l’avenir. Elle se sentait bien, et c’est, pour le moment, tout ce qui importait. Les mains de son coéquipier glissaient sensuellement sur sa peau dans de douces caresses, provoquant une multitude de frisson. Lizzie ne tarda pas à s’abandonner totalement son étreinte, oubliant, pendant quelques heures, ses responsabilités, ses problèmes, ses peines et ses joies. Ils étaient seuls au monde. Seul son regard bleu comme l’océan comptait à ses yeux. Lorsqu’après un long instant d’amour, la jeune femme chercha ses bras pour qu’il la serre contre lui. Sa tête se nicha instinctivement au creux de son cou, humant le parfum de Tyler. Trois petits coups frappés à la morte brisèrent cependant la magie et la demoiselle dut accepter, non sans un soupir, de le laisser partir répondre.

    « Je ne bouge pas, mais tu me laisses quand même m’habiller ? »

    Lizzie lui sourit avant de lui arracher un baiser, ne manquant pas de l’observer quitter la pièce. Elle était désormais sa petite amie, du moins, jusqu’à nouvel ordre. Il ne souhaitait pas s’engager à long-terme, et elle non plus d’ailleurs. Si elle n’avait pas hérité du côté dragueur de son frère, elle était tout aussi instable émotionnellement que lui. Lui multipliait les conquêtes en un temps record, et elle refusait de tomber amoureuse. Elle avait eu quelques petits amis par le passé, mais jamais rien de bien sérieux. Elle s’amusait bien avec eux, hélas, aucun d’entre eux n’avait réussi à capturer son cœur qu’elle protégeait jalousement. Elle avait connu trop de déception pour s’ouvrir aux hommes, et à quiconque, d’ailleurs. Enfant, ses pères lui répétaient constamment qu’à force de se comporter ainsi, elle finirait par faire fuir tous les hommes. Ils n’avaient pas tort, dans un sens. À l’adolescence, elle affichait déjà un côté indépendant fort marqué, qui n’avait jamais cessé de croître. Depuis qu’elle avait cessé de fréquenter régulièrement son frère aîné, Lizzie avait fini par se refermer sur elle-même, jusqu’à se montrer quelque peu associable. La demoiselle, par peur, avait refusé qu’on devienne trop proche d’elle. Elle connaissait trop bien la suite des évènements. Peu importe la situation, au final, on la trahissait toujours. Elizabeth ne pouvait toutefois pas s’empêcher d’espérer que cette fois, les choses seraient différentes avec Tyler. Peut-être se laisserait-elle gagner par ce sentiment qu’on décrivait comme le paradis terrestre. Qui sait. Le jeune homme ne tarda pas à revenir pour lui annoncer que la mission était officiellement commencée. Et un dîner à la table d’un pervers !

    « Géniale ! Je suppose que le jeans n’est pas de mise à ce genre de dîner ? Je déteste porter une robe mais ça vaut le coup, juste pour te voir enfiler un costume et une cravate. »

    Liz lui souffla un baiser avant de le quitter pour prendre une douche. Dix minutes plus tard, elle retournait dans la chambre, vêtue simplement d’une serviette de bain à la recherche d’une quelconque tenue pour la soirée. La demoiselle s’amusa de voir Tyler porter un certain intérêt à ses longues jambes fines et bien dessinées. Il était adorable à voir. Le jeune homme regardait discrètement dans sa direction dès qu’elle avait le dos tourné. Lizzie cessa finalement de jeter des coups d’œil fréquents vers lui pour porter un peu plus d’attention à la tenue qu’elle arborerait ce soir. La Cellule Rouge avait cru bon de refaire sa garde-robe, dans sa valise s’empilaient donc une dizaine de robes différentes. Elle avait l’embarras du choix, le tout était de choisir celle qui conviendrait à une telle soirée. Quelle tenue attirerait un revendeur d’armes sadique et pervers ? La demoiselle voulait un look sexy, mais pas trop, puisque ce type semblait apprécié le côté angélique et innocent de ses victimes d’un soir. Elizabeth opta finalement pour la verte. Lorsqu’elle se retourna vers son compagnon pour lui faire part de son choix, elle remarqua qu’il était toujours occupé à détailler sa délicieuse silhouette. La demoiselle le tira de ses pensées hautement philosophiques en balançant gentiment vers lui l’oreiller sur lequel elle avait mis la main avant d’éclater de rire.

    « Mon lapinou ! J’ai beau ne pas être la femme la plus observatrice du monde, je vois bien que ton regard s’attarde un peu trop longuement sur mes jambes ! Alors, tu penses quoi de la robe que j’ai choisie ? Sexy mais pas trop, elle est plutôt classe. »

    Lizzie était honnête, elle avait eu un véritable coup de cœur pour cette tenue, elle qui détestait plus que tout porter des vêtements aussi féminins. Évidemment, pour le bien de la mission, elle devait jouer le jeu, mais la perspective de plaire à Tyler ainsi vêtue effaçait curieusement toutes ses appréhensions. Elle fila donc dans la salle de bain et enfila la robe. Elle se planta devant la glace et sortit le peu de maquillage qu’elle possédait. Elizabeth préférait se montrer au naturel, elle possédait d’ailleurs un tel charme que ce genre d’artifices n’était pas nécessaire. Elle appliqua tout de même une touche de gloss sur ses lèvres pour les rendre plus brillantes, et brossa longuement sa crinière aussi noire que l’ébène. La demoiselle ne tarda pas à ressortir de la pièce, complètement changée.

    « Alors, prêt ? Arrête de faire cette tête mon cœur, ce n’est qu’une robe et un peu de maquillage ! Tu viens mon lapinou, il ne faudrait surtout pas faire attendre notre mystérieux hôte. »

    Liz déposa un baiser sur la joue de Tyler avant de glisser sa main dans la sienne. Ils se dirigèrent dans le couloir et empruntèrent l’ascenseur, vide. Quelques minutes plus tard, ils se retrouvaient tous deux dans le restaurant huppé de l’hôtel. La demoiselle jeta un coup d’œil rapide à la carte repas. Les prix étaient exorbitants. Rien d’étonnant, puisque leur cible adorait le luxe. Elizabeth pressa doucement la main du jeune homme pour lui apporter son appui, bien qu’elle supposa qu’il n’en avait nullement besoin, puisqu’il avait l’habitude de ce genre de mission. Évidemment, ce n’est pas lui qui devait passer un bon moment en tête à tête dans le lit d’un pervers. Puis, s’adressant au maître d’hôtel, elle le questionna.

    « Bonjour, nous avons reçu une invitation de Paulo Mariani. Auriez-vous l’obligeance de nous indiquer sa table, s’il vous plaît ? »
    « Bien sûr, madame. Veuillez me suivre, je vous prie. »

    La demoiselle aperçut la table au loin, située près d’une immense baie vitrée qui offrait une vue impressionnante. La soirée promettait. Profitant du manque d’attention du maître d’hôtel, elle murmura à l’oreille de Tyler, comme s’il s’agissait de mots d’amour.

    « Eh bien, notre hôte a choisi pour nous deux la meilleure table. On va bien s’amuser, je vais commander ce qu’il y a de plus cher sur le menu, puisque c’est lui qui nous invite. »

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Tyler Mitchell
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MessageSujet: Re: Voir Venise et... Lun 19 Mai - 17:54

    « Tu rêves pour la cravate ! Même a mon mariage j’en ai pas mis alors je compte pas en mettre maintenant ! »

    Tyler lui mit une petite claque sur la fesse avant de la quitter pour lui laisser le temps de prendre sa douche. Quant à lui, il prépara son costume et ses autres affaires, comme si de rien n’était devant la caméra. S’il n’avait pas son légendaire self control pour lui, il se retournerait pour faire un joli doigt d’honneur à monsieur le pervers. Toutefois, il préférait ne pas griller leur couverture pour un geste puéril. A la place, il attendit que sa douce et tendre femme daigne finir de prendre sa douche. Pourvu qu’elle ne mette pas trois heures sinon, il n’était pas sorti de l’auberge. Malheureusement pour lui, Tyler n’était pas préparé face à la beauté de Liz. Certes, il venait de lui faire l’amour mais delà à la voir nue sous une serviette… Savait-elle qu’elle était encore plus sensuelle que toutes les autres fois ? Mitchell garde ton calme, tout va bien se passer n’arrêtait-il pas de se répéter intérieurement.

    « Parfait.. Et c’est petit, tu es encore plus désirable ainsi alors si j’étais toi, j’irais m’habiller tout de suite car sinon, je ne répond plus de rien. »

    En souriant malicieusement, il la regarda partir se changer dans la salle de bain pour la revoir sortir habillée. Liz était magnifique et s’il n’était pas si vieux, il aurait profité de la situation. Le problème, c’est que leur différence d’âge constituait, pour lui en tout cas, un obstacle majeur. Tyler ne souhaitait pas se réveiller un matin pour s’entendre dire qu’elle était partie pour un mec plus jeune. De tout de manière, la question ne se posait même pas, il ne comptait pas finir ses vieux jours avec elle hein ?! Pour se changer les idées, il attrapa son costume et après un rapide baiser, il partit prendre sa douche. Un quart d’heure plus tard, il était prêt. Pour l’occasion, il avait revenu, un pantalon noir, chemise blanche dont les derniers boutons n’étaient pas fermé et une veste noire. Tyler représentait le mâle dans toute sa splendeur : classe, virilité et séduction brute. Liz lui demanda alors s’il était prêt et il hocha la tête préférant l’observer. C’est fou, quand elle se maquillait et prenait plus soin d’elle, la jeune femme incarnait le fantasme de tout homme normalement constitué. Comment une femme pareille pouvait être la petite sœur d’un cas aussi désespéré que McCoy ?!

    « Tu es magnifique ! »

    Et ce n’était pas pour les besoins de la mission qu’il venait de lui souffler ses mots à l’oreille, bien au contraire. Tyler Mitchell n’était pas connu pour être avide de compliments ou de mots d’amour mais il devait reconnaître la vérité. Elizabeth se révélait être une femme vraiment magnifique. Son mari déposa ses lèvres sur sa tempe avant d’enlacer ses doigts aux siens. Le cheminement jusqu’au restaurant se passa dans le silence complet, mais rien de désagréable. Il faut dire que Tyler était passé en mode : je suis en mission donc il se trouvait trop concentré pour ne serait-ce penser à dire quelque chose à Liz. Dans un autre temps, l’agent n’arrêtait pas de se dire qu’il venait en pleine mission, d’entamer une relation extraprofessionnelle avec elle. Chose qu’il s’était toujours interdit. Cette femme lui ferait perdre la tête.

    Le couple arriva bien vite devant le maître d’hôtel et Liz parla pour lui. Ce dernier les conduisit alors vers une table où les attendait leur hôte. Tyler ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel quand sa femme lui souffla quelques mots à l’oreille. Discrètement, il lui répondit en souriant légèrement


    « Gamine ! »

    Pour une fois, c’était plus dit sur le ton de la taquinerie qu’autre chose ! La soirée débuta ainsi sur de bons présages. Malgré tout, Paolo Mariani se montra charmant, et un hôte avec de la conversation. Toutefois, Tyler ne put s’empêcher de bouillir en le voyant faire du charme à sa femme. Ses regards noirs témoignant pour lui. D’un point de vue extérieur, on aurait pu croire qu’il jouait son rôle à la perfection. Le hic, c’est que lui, savait qu’il ne feintait absolument pas. Et cette foutue Katerina qui n’arrêtait pas de lui faire du pied.

    « Monsieur Mitchell, vous ne verrez aucun inconvénient à ce que j’invite votre délicieuse femme à danser. »
    « Non bien sûr ! »

    Tyler lança un regard d’avertissement à Liz. Elle ne devait pas oublier qu’ils étaient en mission malgré tout. Toutefois, il atténue l’effet de son regard par une pression de ses doigts autour des siens. Il compatissait et n’avait aucune envie de voir ce type la touchait mais il fallait le faire. C’est donc résigné qu’il regarda la jeune femme partir au bras de Paolo avant de sentir une main se poser sur son épaule. Il en avait presque oublié cette foutue assistante.

    « Monsieur Mitchell, puis-je également vous inviter à danser ? »
    « Avec plaisir mademoiselle.. »
    « Appelez moi Katerina » l’interrompit-elle dans une sourire charmeur.

    En souriant, il prit sa main pour la conduire sur la piste de danse. Katerina ne cessa alors d’essayer de le séduire mais en bon soldat, il tient bon afin que Liz puisse être retenue comme candidate idéale. Plus l’homme était épris de sa femme et mieux Mariani les appréciait. Charmant n’est-ce pas ?! Au bout de la deuxième danse toutefois, il fit en sorte de s’approcher de Liz.

    « Monsieur Mariani, je vous enlève ma femme ! J’ai tellement de mal à me passer d’elle. »
    « Je vous comprend tout à fait. »

    Toujours en souriant, il attrapa la main de sa femme pour l’amener contre lui, afin de passer un bras autour de sa taille, se mettant ainsi à danser. Enfin seuls, il l’embrassa, comme pour la f élicitait d’avoir enduré ce supplice.

    « Tout va bien ? Tu es un peu pâle. »
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Elizabeth McCoy
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MessageSujet: Re: Voir Venise et... Lun 19 Mai - 23:36

    « Oh allez, je joue bien le jeu en enfilant une robe longue, tu peux bien porter une cravate ! »

    Lizzie lui tira la langue avant de lui annoncer qu’elle monopolisait la salle de bain pour les heures à venir. La jeune femme glissa sous la douche et profita de la sensation que lui procurait l’eau chaude qui parcourait sa peau. Elle profita de cet instant de solitude pour réfléchir à cette nouvelle relation. Elle ne pouvait décrire ce qu’elle ressentait pour Tyler. Un mélange complexe de tendresse et de douceur se diffusait dans tout son être lorsqu’elle songeait à lui, mais pourtant, elle se montrait encore hésitante, voir même méfiante, envers lui. Que craignait-elle ? De revivre l’enfer qu’elle avait connu, enfant, lors du divorce de ses parents ? De perdre à nouveau un être cher ? Pour la première fois depuis longtemps, elle était heureuse. Mais pour combien de temps ? Elle avait appris, à ses dépens, que rien n’est acquis. Après avoir été séparée de sa mère, de son frère, elle comprenait que la vie n’était qu’une lutte sans fin, où la paix et le repos est un luxe pratiquement inaccessible. La demoiselle avait traversé trop d’épreuves, qui avaient laissé dans son âme, des marques au fer rouge. Elle avait fini par développer un mécanisme d’auto-défense, pour éviter de connaître à nouveau la souffrance. Atteindre son cœur représentait un défi de taille, voir même un miracle. Elle avait confiance en Tyler, mais elle hésitait encore à s’abandonner totalement à lui, d’un point de vue plus spirituel. Qu’est-ce que l’avenir leur réservait ? Une relation de quelques jours, quelques semaines, quelques mois ? Liz craignait de développer un sentiment trop fort pour lui, pour au final, comprendre qu’elle n’était que de passage dans sa vie. Elle était pourtant reconnue pour son côté aventurier, sa manie de prendre des risques inutiles. Mais dès qu’il était question de s’ouvrir à un autre, la demoiselle se comportait avec une lâcheté qui lui était étrangère. Elizabeth avait parfois tendance à oublier qu’elle n’était qu’une humaine, en proie, elle aussi, aux doutes et aux peurs. Exigeante envers elle-même, elle ne se pardonnait pas la moindre incartade. Vingt minutes plus tard, elle chassait ces pensées plus ou moins joyeuses pour retourner dans la pièce principale de leurs quartiers, à la recherche d’une robe, ne manquant pas d’afficher un sourire malicieux en voyant son mari sourire bêtement à la vue de son corps uniquement couvert par une serviette de bain.

    « Chéri, contiens-toi un peu, ça serait dommage de faire attendre notre hôte. Mais promis, dès ce soir, on pourra continuer la Lune de Miel comme il se doit. »

    Si elle ne s’était pas retrouvée dans l’obligation de passer une partie de la nuit dans le lit d’un pervers doublé d’un meurtrier, elle aurait bien mis cette promesse à exécution. La jeune femme, après lui avoir soufflé un baiser, entra dans la salle de bain pour enfiler la tenue qu’elle avait choisie. Dix minutes plus tard, elle retournait dans la chambre pour offrir une vue de choix à son compagnon. Liz resplendissait, ainsi vêtue, et Tyler la regardait avec une lueur d’admiration. Elle n’avait pas l’habitude d’attirer ainsi l’attention des hommes. Certes, elle possédait un charme naturel, qu’elle mettait rarement en valeur. Effectivement, Lizzie avait plutôt l’habitude de se vêtir du traditionnel jeans, tee-shirt et basket. Adolescente, elle récoltait les moqueries de son frère aîné qui s’amusait à la charrier en la traitant de garçon manqué, uniquement parce qu’elle préférait le suivre dans ses aventures plutôt que de passer d’interminables soirées à parler vêtements, garçons et maquillage. Pourtant, aujourd’hui, elle ne pouvait nier qu’elle aimait voir Tyler l’observer de cet œil attendri devant sa beauté. L’apparence n’avait jamais été l’une de ses priorités, puisqu’elle avait catégorisé comme superficiel, depuis longtemps, cette obsession pour la perfection physique. Elle qui ne croyait pas aux idéaux de beauté qu’on affichait un peu partout dans les magasines, ne put s’empêcher de penser que Tyler dégageait exactement cette image qu’on tentait vainement de reproduire dans les médias. Il possédait une certaine classe tout à fait naturelle, et cette tenue accentuait encore cet effet. En quelques mots, Liz était totalement sous son charme.

    « Je dois avouer que tu es particulièrement craquant, vêtu comme ça. Finalement, je ne sais plus trop si j’ai envie d’honorer l’invitation de notre mystérieux inconnu italien. »

    Lizzie lui sourit avant de se diriger vers l’ascenseur, attrapant au passage, la main de son petit ami. Ce contact la rassura. Malgré l’apparente assurance qu’elle affichait, elle tremblait intérieurement. Elle avait affronté, lors d’une légère escarmouche, deux membres du Centre, mais elle se doutait que ce type ne se comparait même pas aux deux Nettoyeurs qu’elle avait rencontrés. Il était le responsable d’un réseau de trafic d’armes à l’échelle mondiale. Il était un tueur, un meurtrier, un salaud de première, et malgré tout, il arrivait à dormir comme sur deux oreilles. Elizabeth était répugnée par ce genre d’hommes. C’est pour mettre un terme à leur dictature qu’elle avait acceptée le job que lui offrait la Cellule Rouge, et qu’elle s’apprêtait à risquer sa vie et son intégrité physique auprès d’un homme comme lui. Elle avait compris depuis son arrivée à Venise, qu’une seule erreur, même minime, suffirait pour alerter son ennemi. Elle devait impérativement jouer son rôle à merveille, et ne pas montrer sa peur, qui lui broyait l’estomac à l’instant présent. Si Tyler avait connu Liz depuis longtemps, il aurait sans doute compris que la tentative d’humour qu’elle fit se voulait être une façon de se rassurer elle-même. La jeune femme ne voulait pas confier ses doutes au jeune homme. Elle ne voulait pas l’inquiéter, et encore moins le pousser à abandonner cette mission.

    « Grand-père ! » murmura-t-elle à son oreille

    Liz avait cru remarqué que Tyler faisait souvent allusion à son âge. Le jeune homme avait, certes, l’âge d’être son grand frère, mais elle n’avait pas songé une seule seconde aux six années qui les séparaient avant maintenant. Elle se sentait bien près de lui, qu’importe l’âge ? La demoiselle n’eut pas l’occasion de se questionner plus longtemps, puisque le maître d’hôtel les avait conduits à destination, la table de Paolo Mariani. Le couple prit place à table et Liz remarqua presque immédiatement le regard appréciateur que leur hôte portait sur sa silhouette. Elle fit taire cette furieuse envie de lui coller une baffe et se contenta de sourire chaleureusement. Dans quelques heures, il serait sous les verrous, et ne pourrait plus jamais faire de mal à quiconque, la justice américaine se chargerait de lui dès qu’il serait entre leurs mains. Tyler jouait son rôle à merveille, elle aussi, d’ailleurs. Ses traits harmonieux n’exprimaient en rien la haine qu’elle vouait à cette crapule insensible. La soirée se déroulait plutôt bien, jusqu’à ce que Paolo l’invite à danser. Son mari ne s’opposa pas et Liz se retrouva pour la première fois entre les mains de cet imbécile.

    « Vous êtes ravissante, madame. »
    « Oh, je vous en prie, vous allez me faire rougir. »

    Lizzie simula même un rougissement, qui aurait sonné complètement faux aux yeux de quiconque la connaissait un tant soit peu. Quelques minutes plus tard, elle apercevait Katerina, l’assistante de Mariani qui ne se priait pas pour faire du gringue à son mari. La jeune femme réprima la jalousie en respirant profondément. À cet instant, si elle avait pu coller une baffe à cette énergumène, elle n’aurait pas hésité une seule seconde. Alors que toutes ses pensées étaient concentrées vers Tyler, elle ne remarqua pas que la main de son partenaire descendait ostensiblement vers le creux de ses reins. Lorsque la musique cessa, son mari s’approcha d’elle pour lui proposer de partager avec elle cette deuxième danse. La demoiselle accepta sans réfléchir, tout pour ne pas passer une seconde de plus près de ce type à l’haleine ignoble. Le bouquet !

    « Mon sauveur ! Je ne sais pas comment je vais pouvoir le supporter toute la soirée. Tu feras vite, hein ? »

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Tyler Mitchell
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MessageSujet: Re: Voir Venise et... Dim 25 Mai - 17:49

    « Grand père ? Tu ne disais pas ça y a encore une heure. »

    Tyler déposa un doux baiser sur sa tempe en souriant malicieusement, conscient de ne pas jouer le rôle de gentleman mais en même temps, il avait été trop tenté pour y résister. Malheureusement le serpent du doute s’insinua à plus forte mesure en lui. Elizabeth le trouvait-elle trop vieux ? Il avait l’âge d’être son grand frère après tout. Ce qui l’énervait le plus, c’était sans conteste le fait de se poser justement la question. Il appréciait la compagnie qu’elle lui offrait et ne serait pas contre, loin de là, de jouir de cette relation jusqu’à sa fin. Or, le fait qu’il s’inquiète sur la question de leur différence d’âge impliqué qu’il octroyait plus d’importance à cette relation que le stricte nécessaire. Heureusement pour lui, Paolo lui fournit un bon alibi pour se soustraire sans culpabilité à ses songes devenus tortionnaires. Le revers de la médaille, fut, qu’il devait maintenant le voir évoluer sur la piste de danse au bras de sa femme. Non de Liz. Pas de sa femme.

    Katerina du sentir son trouble car elle en profita pour l’inviter à danser. Danse qu’il accepta de mauvaise grâce, suivant correctement le déroulement de la mission. Tyler eut ainsi conscience de subir un véritable interrogatoire et en bon mari fou amoureux de sa femme, il ne jurait que par elle, remarquant au passage, la mine déçue de la belle italienne. Dommage pour elle mais il ne se passerait rien entre eux. D’ailleurs, il fit en sorte de récupérer sa femme pour une danse, la sentant au bord de l’explosion. Quoi de plus naturel quand vous dansiez avec un pervers doublé d’un criminel.


    « Je suis le meilleur ne l’oublis pas ! »

    Un petit trait d’humour pour la détendre, chose assez rare chez lui, puisqu’il était en mission. Toutefois, Elizabeth n’était pas un agent entraînée mais bien une civile, une informaticienne au caractère trempé. Une main au creux de ses reins, il la rapprocha de lui encore un peu plus, comme pour se fondre en elle, le temps d’une danse. Tyler n’ajouta aucune autre parole superflue, il n’y avait rien à redire. Toute bonne chose, ayant hélas, une fin, le couple du se rendre à table où se poursuivit le repas. Durant les heures qui suivirent, le couple se montra sous sa meilleure facette avant de prendre conges de leur hôte. La mission se poursuivait et Elizabeth ne le perçut pas, mais son mari fit en sorte qu’elle oubli son sac à main. Pour le bien de la mission. Quand ils se rendirent aux ascenseurs, Tyler l’obligea à lui faire face pour l’embrasser amoureusement, la serrant contre lui pour lui faire profiter de sa tendresse avant le moment fatidique où il devrait la laisser aller à leur proie.

    « Tu as oublié ton sac à main à table. Va le chercher, laisse le te séduire et accompagne le jusqu’à sa suite. Katerina va alors chercher à me retenir le plus longtemps possible pour qu’il puisse coucher avec toi. Surtout laisse toi faire et répond lui. Imagine que c’est moi en face de toi. »

    Tyler l’embrassa une nouvelle fois, plus passionnément avant de la lâcher pour pénétrer dans la cabine d’ascenseur. A elle de jouer mais qu’elle se rassure, il ne serait pas très loin d’elle. Juste le temps de se débarrasser du cerbère. C’est quand même la mort dans l’âme qu’il appuya sur le bouton de leur étage avant de la voir disparaître à la fermeture des portes. Bon sang, il avait l’impression de l’abandonner aux mains du grand méchant loup. Pire, c’était bien la première fois que lui Tyler Mitchell tremblait à cause d’une femme.

    « Tu t’es foutu dans un merdier immonde Mitchell » se réprimanda-t-il en se tapant la tête contre la paroi en soupirant.
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Elizabeth McCoy
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MessageSujet: Re: Voir Venise et... Ven 30 Mai - 0:52

    Liz envoya un petit coup de coude discret dans les côtes de Tyler pour le punir d’avoir été si peu galant avec elle au sujet de cette remarque concernant ce qui s’était déroulé entre eux, une heure plus tôt. La jeune femme espérait ainsi dissimuler à son regard, le léger rougissement qui avait coloré ces joues, quelque peu intimidée par la situation. Après tout, en moins d’une journée, elle était passée d’un état d’exaspération à l’idée de passer un weekend tout entier à Venise avec Tyler, à la demoiselle attendrie par son tout nouvel amant, et se trouvait à quelques pas à peine d’un criminel qui devait la séduire sous les yeux de son petit ami. Quel tableau magnifique, n’est-ce pas ?! Enfin, Elizabeth se croyait capable de tenir le coup, elle ne voulait surtout pas faire rater cette mission, et encore moins décevoir le jeune homme. Elle savait pertinemment qu’il s’inquiétait pour elle, notamment parce qu’il s’agissait de sa toute première expérience dans le domaine de l’espionnage & Cie, et l’informaticienne souhaitait lui prouver qu’elle n’était pas qu’une gamine. Lorsqu’ils se présentèrent à la table de Paolo Mariani, leur cible, Lizzie se transforma en la femme idéale, souriant bêtement aussi souvent que possible pour charmer le criminel, comme on le lui avait demandé. Elle jouait à merveille son rôle, Tyler devait très certainement être impressionné par le professionnalisme dont elle faisait preuve, bien que la jeune femme ne s’en soucie guère, trop concentrée sur la discussion, ou du moins, feignant la concentration, puisqu’en réalité, elle se fichait royalement de ce que ce pauvre type radotait depuis des heures. Lorsque le charmant monsieur l’invita à danser, elle se vit dans l’obligation d’accepter, bien que cette perspective la dégoûta plus qu’autre chose. Liz se révéla tout de même être une excellente danseuse. Enfant, ses parents avaient insisté pour qu’elle suive des cours de ballet. Elle avait toujours détesté, mais elle avait tout de même acquis une certaine grâce qui la rendait absolument irrésistible à cet instant. Tyler sembla remarquer les exploits sur la piste de son épouse et l’arracha le temps d’une danse au vicieux malfaiteur.

    « Tiens, tu te sens d’humeur modeste ce soir ? »

    Elle voyait bien que Tyler tentait de la rassurer, et elle lui était reconnaissante de faire ce petit effort pour elle. Après tout, elle avait beau se montrer forte, elle avait encore du mal à accepter qu’elle se retrouverait dans le lit d’un pervers dans à peine quelques heures. Le reste de la soirée se déroula normalement, le couple essayait de faire bonne figure auprès de leur hôte, alors que Liz réprimait tant bien que mal la jalousie qui l’animait en voyant Katerina fait du gringue à Tyler pratiquement sous ses yeux. Heureusement, le dîner toucha bientôt à sa fin, et Liz ne se fit pas prier pour quitter la table au bras de son mari, oubliant au passage, sans s’en rendre compte, son sac à main. À vrai dire, elle s’en fichait pas mal, il ne lui appartenait même pas, tout comme la robe, les chaussures et les diverses tenues que le Cellule Rouge lui avait fourni pour mener à bien cette mission. Une fois devant les portes de l’ascenseur, Tyler l’attira tendrement à lui pour partager un baiser passionné, et Liz reçut cette marque d’affection avec la très nette impression qu’elle devrait passer à la casserole sous peu, ce qui ne l’enchantait pas particulièrement. On lui avait bien expliqué qu’il ne s’agissait pas d’une tâche facile, à près tout, si ce mec découvrait sa couverture, on risquait de la retrouver en sang avec une balle fichée entre les deux yeux, éventualité qui lui glaçait le sang et qu’elle préférait de loin éviter d’imaginer.

    « En bref, je continue de jouer à la jeune femme belle, idiote et naïve, rien de trop complexe. Ne me laisse pas trop longtemps entre ses mains. Je n’ai pas peur, mais je risque de ne pas pouvoir me retenir éternellement de le frapper ! Je file, mon lapin, à tout à l’heure. »

    Après avoir échangé un dernier baiser, elle lui tourna le dos et fila directement dans la salle qu’elle avait quittée en compagnie de Tyler à peine quelques minutes plus tôt. Elle ne tarda pas à apercevoir son sac à main, ainsi que Mariani et son acolyte, Katerina. S’affublant d’un sourire aimable, elle les salua avant d’attraper ce qu’elle était venue cherchée. Évidemment, ils en profitèrent pour engager la discussion, et Lizzie se laissa prendre au jeu de façon faussement innocente.

    « Mais où est donc passé votre mari, Mlle Mitchell ? » s’exclama Paolo
    « Je crois qu’il a un peu trop abusé du vin, ce soir, il a filé directement au lit ! Le pauvre, je lui avais pourtant dit de ne pas boire autant. »
    « Quelle dommage, une si belle soirée gâchée ! Vous n’avez pas eu l’occasion de profiter de la brise fraîche italienne. »
    « Oui, j’en suis profondément désolée, la soirée était si belle. »
    « Eh bien mademoiselle, si vous le voulez bien, je serais ravi de vous inviter à boire un verre sur ma terrasse. En tout bien, tout honneur bien sûr. »
    « J’en serais ravie, Paolo, je ne saurais refuser une si galante demande. Je suis persuadée que Tyler n’y verra pas d’inconvénient, il vous apprécie beaucoup et comprendra certainement. »
    « Alors je vous prierais de vous suivre. Katerina va cependant devoir nous laissé, elle venait tout juste de me faire part de son état de fatigue avancé. »
    « Très bien. »

    Liz lui adressa un sourire charmeur avant de le suivre jusqu’à sa chambre, sans dire un mot. Une boule s’était formée au creux de son estomac. Elle avait infiltré ses appartements, ce qui en soit, représentait une bonne chose. La suite n’était pas particulièrement plaisante, mais elle n’avait pas d’autres choix que de s’y plier. Elle s’installa donc aux côtés de Paolo sur la terrasse, un verre à la main, et ils discutèrent pendant une vingtaine de minutes de tout et de rien, jusqu’à ce que Liz se lève pour observer la vue, bientôt suivi par le pervers par excellence, qui en profita pour s’approcher subtilement d’elle.

    « Vous savez Elizabeth, vous êtes absolument radieuse. »
    « Oh, n’en dites pas tant, je suis tout à fait banal. »
    « Absolument pas, dès le début de la soirée, vous m’avez ébloui par votre beauté. Je m’en veux de dire quelque chose comme ça, mais vous m’attirez énormément. Vous êtes sublimes, absolument désirable, et j’ai de plus en plus de mal à me contrôler. »
    « Oh Paolo… »
    « Ne dites rien, je n’aurais pas dû dire ça, je m’en veux de m’interposer entre vous et votre mari. »
    « Si vous saviez ! Depuis le début de la soirée, je me sens coupable, parce que je ressens la même chose pour vous. »
    « Une seule fois, Elizabeth. Je vous promets que Tyler n’en saura rien. »

    Paolo l’embrassa et la jeune femme réprima l’envie de vomir. Décidément, la soirée s’annonçait très longue. Elle espérait sincèrement que Tyler ferait vite, parce que ce type ne semblait pas être du genre à s’embarrasser de préliminaire, et autant vous dire qu’elle préférait ne pas aller trop loin pour le bien de cette mission…
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Tyler Mitchell
Agent de terrain


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MessageSujet: Re: Voir Venise et... Dim 1 Juin - 0:41

    Tyler soupira en s’adossant à la paroi de la cabine de l’ascenseur. Il ne pouvait plus rien faire mis à part continuer de suivre le plan initial. Pourtant, ses sentiments empiétaient sur la froide résolution de l’agent de terrain. L’envie d’un petit remontant se fit cruellement sentir mais il tint bon, remontant le couloir vers leur chambre conjugal. Un terme qui lui arracha un sourire. La gamine et lui, mariés, qui l’aurait cru. Certainement pas lui, surtout après leur première rencontre que l’on pouvait qualifier d’électrique, voir même de volcanique. Aujourd’hui, la jeune femme se trouvait dans l’appartement d’un type à la moralité douteuse et lui, devait s’occuper du cerbère. En parlant du loup, ce dernier toqua à la porte de sa chambre. Tyler soupira pour la énième fois puis se décida à ouvrir. Katerina se trouvait sur le pas de la porte, majestueuse dans sa robe noire. Son regard sauvage braqué sur lui, lui donnait tout sauf envie de lui tenir la conversation. Autant vous dire que tout homme normalement constitué, fonderait sous ce regard de velours mais Tyler restait insensible à ses charmes. Trop surfaits, exagérés. Il préférait le naturel d’Elizabeth car justement, la jeune femme ne cherchait pas à séduire et c’est ce qui la rendait si irrésistible à ses yeux.

    « Re bonsoir, je ne peux m’empêcher de repenser à notre danse tout à l’heure. »
    « Ah oui ? »
    « Oui, sentir votre corps contre le mien, si fort, si masculin, ça m’a électrisé. »
    « Je suis désolé mais ce n’est pas réciproque, j’aime ma femme et je ne suis pas intéressé par ce genre de relation. »
    « Il est si dommage que votre femme n’ait pas les mêmes scrupules. »
    « Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. »
    « Je parle de votre femme qui actuellement se trouve à mon patron et croyez-moi, il ne discute nullement si vous voyez ce que je veux dire. »

    Jouant le jeu de l’homme blessé et perdu, Tyler recula abattu, avant de se diriger vers la salle de bain, comme pour se passer de l’eau au visage. Katerina eut alors un sourire de prédateur et sans complexe, elle ôta sa robe, apparaissant nue avant de s’allonger sur le lit, attendant visiblement le retour de l’homme bafoué. Imaginez la surprise qu’eut donc Tyler en la retrouvant dans une position lascive. Sa pomme d’Adam remonta et descendit rapidement avant qu’il ne se reprenne. Mission, Liz, Mission, Liz ! Katerina du remarquer son hésitation car sa silhouette se rapprocha de lui, jusqu’à se coller contre son corps alors qu’elle déposait un baiser sensuel sur ses lèvres. Tyler la serra alors contre lui, l’emprisonnant dans ses bras, répondant par la même occasion avec la même ardeur. Vu de l’extérieur, cette scène respirait le péché de luxure mais pour un œil averti et surtout militaire, les positions des mains de Tyler étaient stratégique car quelques secondes après, Katerina reposait inconsciente dans ses bras.

    « Désolé ma belle mais ça sera pour une prochaine fois. »

    Tyler l’allongea sur le lit avant de la recouvrir pudiquement du drap puis la menotta aux barreaux. Il ne se préoccupait plus de la caméra car de tout de manière, il en avait détourné l’image. Certes, il n’était pas un pro comme Elizabeth mais il connaissait certaines choses utiles en mission, comme, détourner une caméra de surveillance. Ne perdant pas plus de temps, Ty attrapa son matos contenu dans un sac noir et se saisit du pass magnétique de Katerina, lui donnant ainsi accès à la chambre collant celle de sa cible. Si ses pronostics étaient exacts, son timing était parfait. Pourvu que Liz ait continué de jouer le jeu. Paolo conservait toujours sur lui, le dispositif permettant de supprimer toutes les données de son ordinateur alors autant ne pas lui donner l’occasion de s’en servir.

    Arrivé dans la chambre de Katerina, Tyler sortit son arme à fléchette hypodermique puis ouvrit très lentement la porte de la salle de bain commune. Des bruits de baisers lui parvenaient de l’autre chambre, le mettant au supplice. Liz jouait le jeu, rien de plus rien de moins. Tout aussi silencieusement, il ouvrit la porte communicante à la chambre et repéra tout de suite le couple enlacé dans le lit. La robe de sa femme trônait au pied du lit et la savoir en petite tenue dans les bras de ce fumier, le rendait fou de colère. Toutefois, c’est avec une froide détermination qu’il visa et tira sa fléchette. Aussitôt Paolo retomba inerte sur Liz et Tyler se dépêcha de l’en extraire.


    « Dépêche toi de transférer toutes les informations sur ce serveur et de supprimer toutes données concernant la député Mary Stewart. Tu as exactement deux minutes et trente secondes avant que nos amis du FBI ne lui mettent la main dessus. Il est inutile de te préciser qu’il est inconcevable que la député soit mêlée à cette histoire. »

    Sans lui laisser le temps de se rhabiller, il la conduisit à la pièce secrète et la fit asseoir sur la chaise devant l’ordinateur portable de monsieur je touche aux femmes des autres. Tyler se savait froid et intransigeant mais il avait du mal à digérer l’excès de jalousie qui l’avait subitement pris en la voyant dans le lit de cet homme. Elizabeth lui signala alors qu’elle avait réussit et Tyler l’attrapa par la main, l’autre tenant sa robe, ses escarpins et la fit sortir de la chambre, par le même chemin qu’il avait pris.

    « On se tire d’ici, nos affaires sont déjà transférées, notre complice s’en occupe alors enfile ta robe et on y va. »

    Une fois habillée, il reprit sa main et la fit sortir dans le couloir, pour le remonter d’une démarche énergique. Le couple sortit alors de l’hôtel et Tyler la fit monter à bord d’un taxi. Sa mission n’était pas totalement terminée pour lui. Celle de Liz oui.

    « Va jusqu’à cet hôtel et attends moi. J’en ai pour une ou deux heures. » Dit-il en lui tendant un bout de papier.

    Pour couper court à toute question, ou doute concernant leur avenir en tant que couple, Tyler l’embrassa passionnément avant de fermer la porte et de dire au chauffeur de partir. Il resta quelques instants immobile en regardant le taxi quitter l’allée de l’hôtel puis Ty disparut dans l’obscurité vers sa propre mission.
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Elizabeth McCoy
Informaticien(ne)


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MessageSujet: Re: Voir Venise et... Lun 2 Juin - 23:47

    Décidément, Elizabeth détestait cet homme, et l’idée de se savoir totalement à sa merci la répugnait. Elle savait qu’il s’agissait d’un mal nécessaire pour arriver à le mettre sous les verrous, mais elle ne pouvait s’empêcher de fulminer. Elle embrassait ce salaud, alors qu’elle ne rêvait que de lui coller la raclée qu’il méritait amplement. Alors que ses mains parcouraient de façon malhabile sa délicieuse silhouette, Lizzie tentait d’imaginer que l’homme qui la caressait ainsi n’était nulle autre que Tyler, mais elle abandonna bien vite. Paolo Mariani ne se comparait en rien à l’homme qui, un peu plus tôt dans la soirée, lui avait fait l’amour passionnément. Désormais, elle comprenait tout le sens du terme sacrifice, parce que c’est exactement ce qu’elle faisait, à cet instant précis. Quelle femme saine d’esprit aurait accepté de se prêter au jeu en s’abandonnant momentanément à l’étreinte d’un pervers doublé d’un criminel recherché par les polices du monde entier ? Lorsque Paolo chercha à dégrafer sa robe, une boule se forma au creux de son estomac. Elle n’avait pas particulièrement envie de se retrouver en petite tenue devant un homme tel que lui, qui plus est, elle se sentait mal à l’aise vis-à-vis de Tyler, même si elle se doutait qu’elle n’avait pas eu le choix. Elle agissait pour le bien de la mission. Lizzie ne tarda donc pas à se retrouver uniquement vêtue de ses sous-vêtements devant leur cible. Paolo posa un regard qui en disait long sur sa poitrine, ses hanches et ses longues jambes, et la demoiselle réprima un haut-le-cœur, et se contenta d’un petit sourire timide, histoire de rester bien ancrée dans son personnage. Pas question de faire échouer cette mission après avoir subi la pire des tortures.

    « Elizabeth vous êtes… parfaite. Absolument parfaite. »

    Liz ne répliqua point, puisqu’elle doutait de sa capacité à pouvoir continuer ce petit jeu pendant encore longtemps. Elle s’inquiétait pour Tyler. Normalement, il devrait bientôt s’occuper du charmant monsieur. Autant vous dire qu’elle préférait éviter de laisser à Paolo la possibilité d’aller plus loin. Ses compliments la laissaient de glace, mais elle arrivait encore à feindre le rougissement, alors qu’elle se fichait bien de son avis. Paolo l’allongea brusquement sur le lit. Il avait beau être le pire des pervers, il n’était pas un maître dans l’art de la séduction. Liz n’avait pas vécu autant d’expérience que son frère, ce qui en soi, pratiquement impossible, mais elle pouvait sans se tromper affirmer qu’il n’avait rien d’un bon amant. La jeune femme attendait d’ailleurs avec impatience le moment de la délivrance, mais son petit ami semblait tardé. Katerina avait-elle découvert leur petit stratagème ? Liz n’avait aucune arme sur elle, et si jamais les choses tournaient mal, elle ne pourrait que se servir de ses poings pour se défendre. Contre un type baraqué comme lui, les chances de survivre se révélaient très minces. Pessimiste de nature, elle tenta de chasser ces pensées funestes en tâchant même de faire preuve de positivisme. Elizabeth aurait payé cher pour pouvoir elle-même mettre l’assistante de Paolo hors d’état de nuire. Eh oui, elle avait ressenti une certaine jalousie en voyant l’Italienne faire du gringue à son petit ami sous ses yeux. Alors qu’elle échangeait un nouveau baiser ô combien dégoûtant avec Paolo, mais soudainement, il s’écroula tout bonnement sur elle. Cela ne pouvait signifier qu’une chose… Tyler avait réussi, et c’est sans se faire prier qu’elle s’extirpa maladroitement du lit.

    « Je m’en charge, du vrai gâteau. Pfiou, il était temps que tu arrives, ce type est franchement dégoûtant. Je te rassure, il est loin d’être aussi doué que toi ! »

    Tyler la conduisit dans une pièce adjacente où il lui présenta l’ordinateur portable de Paolo. Sans plus se soucier du jeune homme, Liz entama sa propre mission. Ses doigts virevoltaient à une vitesse impressionnante sur le clavier. Le revendeur d’armes ne semblait pas être préoccupé par sa sécurité, puisqu’il lui fallut en tout et pour tout, une minute et cinquante secondes pour récupérer les données. Elle s’assura une dernière fois qu’elle avait tout enregistrée et supprima finalement toute donnée concernant la députée Mary Stewart. Elle signala à Tyler qu’elle avait terminé et sans perdre une seule seconde, le jeune homme glissa sa main dans la sienne pour la conduire à la voiture qui les emmènerait loin d’ici. Mine de rien, elle espérait tout de même qu’il lui laisserait le temps d’enfiler sa robe. Après avoir joué les exhibitionnistes devant Paolo, elle voulait éviter de se donner en spectacle à tout le gratin italien.

    « Tu te rends compte, on a réussi ? Et un revendeur d’armes de moins sur le marché. »

    La jeune femme se dépêcha d’enfiler sa tenue pour éviter d’entendre Tyler râler, et le suivit jusqu’à la voiture qu’on avait apprêté à leur intention. Une fois installée dans le taxi, l’agent lui expliqua en une phrase qu’il n’avait pas tout à fait terminée. Comprenant qu’elle ne pourrait pas le faire changer d’avis, Lizzie acquiesça et serra dans sa main le bout de papier avec l’adresse de l’hôtel. Le couple échangea un dernier baiser, et la demoiselle lui murmura une phrase à l’oreille avant qu’il ne ferme la portière du taxi.

    « Sois prudent et ne fais pas de connerie. »



    CLOS

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