Alice Davis Agent de la Cellule Rouge

   Age : 17 Inscrit le : 27 Avr 2008 Messages : 188 Age du Personnage : 24 ans Pouvoir(s) : .: Contrôle de l'agitation thermique :. Côté coeur : .: L0vE iS a L0siNg GaMe :. Nexus? : Oui..1er GEN Humeur :
   (18/100) Disponibilité RP : Non renseigné Présence : Présent sur le fo' Feuille de personnage Citation: .: C'est elle qui la première, déguisant sa malice, d'un semblant de vertu sut habiller le vice :. Lien(s):
| Sujet: Re: .: Parce que les apparences ne sont pas toujours le reflet de l'âme :. [Nathanael & Autumn] Dim 22 Juin - 18:27 | |
| Il y avait des moments où, couchée et ne parvenant pas à trouver le sommeil, Alice pensait, avec une pitié d’autant plus poignante que purement égoïste, au gâchis qu’elle avait fait de son âme. Mais ces moments-là étaient rares. Car il y avait de doux remèdes aux divagations de l’esprit, notamment le Xanax qui la plongeait avec une délicatesse enivrante dans un sommeil profond et cotonneux. Il s’agissait d’un puissant somnifère, le seul qui s’était montré efficace avec le temps, et l’un des rares que l’on pouvait se procurer sans trop de difficultés. Deux comprimés suffisaient la plupart du temps, parfois trois, et au bout de quelques minutes à peine, les effets se faisaient ressentir : la fatigue de toute une journée montait en une vague irrésistible et Alice se sentait comme aspirée par un gigantesque maelström. Elle se plaisait parfois à résister à cette attraction grisante et à repousser toujours plus loin ses limites, avant de s’abandonner de bon gré aux bras que lui tendait Morphée. Alors, tout devenait noir, un noir d’encre, dense et épais, et enveloppée dans son manteau de brume, plus rien n’avait d’importance. Les missions étaient temporairement occultées et le passé ne survivait sous aucune forme d’obligation ou de remords.
Lorsqu’elle s’éveillait avant l’aube, après une de ces nuits sans rêves qui rendraient presque amoureux de la mort, rien ne semblait avoir changé. Voile après voile, l’aurore redessinait le monde selon l’ancien motif : les formes et les couleurs des choses leur étaient rendues, les pâles miroirs retrouvaient leur vie mimétique et près d’eux gisait le livre à moitié coupé sur lequel elle s’était penchée la veille. Il lui était alors moins pénible de reprendre sa vie là où elle l’avait laissée. Elle s’imprégnait de cette nécessité terrible de trouver l’énergie pour poursuivre la même fastidieuse ronde d’habitudes stéréotypées, et avec nonchalance, s’en retournait à son travail et à toutes ces choses qu’on attendait d’elle.
Le Xanax lui était d’autant plus nécessaire qu’il gardait éloignés tous ces cauchemars récurrents qu’elle avait ramenés d’Irak et dont elle n’était parvenue à se débarrasser depuis. Dans l’un deux, elle se voyait entourée d’une centaine de spectres, livides et froids, qui s’accrochaient à elle et semblaient vouloir la noyer sous leur masse compacte. Ils avaient des visages pâles et inconsistants, comme faits de vapeurs ou de quelque gaz ; certains étaient des visages de femmes ou d’enfants, il y avait des vieillards également, mais tous avaient les mêmes yeux vides et cette singulière expression d’effroi que jamais elle ne pourrait oublier. Seul le Xanax parvenait à dissiper ces êtres, à les dissoudre dans les marécages de son esprit. C’est pourquoi des mots tels que « désintoxiquer » ou « sevrage » n’appelaient que défiance et rejet. Ils évoquaient en elle ces nuits d’horreur désordonnée où les dortoirs de l’esprit sont parcourus par des fantômes plus terribles que la réalité elle-même et où le réveil à un goût de délivrance.
Alice se refusait catégoriquement à consentir à ce sevrage ou traitement thérapeutique, quel que soit le nom qu’on voulait lui donner. Non, elle n’avait pas besoin d’aide, et encore moins de cet élan de compassion proprement intolérable car injustifié. Elle n’était pas de ceux qui s’appitoyaient sur leur sort et qui avaient besoin qu’on leur tende la main. Son éducation, si l’on pouvait vraiment parler d’éducation, lui avait appris à se tirer d’affaire seule, sans l’aide de personne. Car Alice avait sa dignité, une dignité démesurée certainement, mais elle l’assumait parfaitement, et comme elle avait pleinement conscience de qu’elle faisait et à quoi elle s’exposait, elle ne pouvait concevoir qu’on puisse se permettre de lui prodiguer des conseils, et encore moins des consignes, sur la façon dont elle devait mener sa vie. Et si le docteur Calister pensait détenir la solution pour que son existence soit d’une magnificence pérenne, grand bien lui fasse ! Le jour où elle compterait établir la liste des dix leçons pour mener une vie heureuse, elle s’adresserait à elle. D’ici là, la Nexus suivrait sa propre voie, et continuerait à prendre ses médicaments si elle le jugeait nécessaire, et même si cela ne l’était pas vraiment d’ailleurs.
Forte de cette conclusion et sourde aux relents d’une rage effrénée qui coulait dans ses veines, Alice s’engagea résolument à ne pas interrompre son aimable et ô combien avenante interlocutrice, quitte à la conforter dans l’idée qu’elle consentait volontiers à ses projets. Il était tellement amusant de voir avec quelle conviction la psychologue planifiait déjà le traitement et ce, sans jamais envisager la possibilité qu’Alice puisse refuser de souscrire à ce sevrage ! Il faut dire que pas un seul instant Alice n’avait montré quelque signe de désaccord – même si elle n’avait jamais non plus laissé penser qu’elle acceptait. Jusqu’au moment où elle lui serra la main, la jeune Nexus conserva sur son visage l’expression de parfaite neutralité qui habillait généralement ses traits, et c’est avec un sourire perfide qu’elle quitta le cabinet médical pour s’en retourner à son travail.
Fin du topic _________________
...Embraced by the nightmares they forced me to dwell Caressed by the horrors which I into fell... .: O0o°.°o0O :. |
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