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| | PETITE CONFIDENCE A MA PSY | |
| | | Auteur | Message |
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Autumn Calister Resp. Psychologie CR

 Inscrit le : 23 Mar 2008 Messages : 620 Age du Personnage : 26 ans Côté coeur : Nathanael Nexus? : Non Humeur :
   (80/100) Disponibilité RP : Indisponible Présence : Présent sur le fo' Feuille de personnage Citation: J'ai le sentiment quelquefois de parler à des penseurs fatigués depuis leur naissance, et qui ne savent ni dormir, ni ajourner les pensées, ni rire. Lien(s):
| Sujet: PETITE CONFIDENCE A MA PSY Mar 25 Mar - 18:13 | |
| "Directrice Stevens, je pense qu'il est utile que je fasse passer un entretien individuel à tous les Nexus !" "Cela ne peut que leur faire du bien." "Tout à fait."
La conversation téléphonique continua quelques minutes avant qu'elle ne raccroche, un sourire malicieux aux lèvres. Oh oui, ça ne pourrait que leur faire du bien et elle ferait tout pour soulager ses patients. En mâchouillant son crayon à papier, elle ouvrit un dossier. Nathanael Cohen, son patient préféré sans la moindre hésitation. Tant pis, elle comptait bien le mettre dans son lit euh sur son canapé. On a le droit de rêver non?! Amusée de ses pensées très éloignées de celles qui devraient habiter normalement un thérapeute vis à vis d'un patient. Depuis quand elle agissait selon les convenances?
"Judith, faites en sorte que Monsieur Cohen vienne pour 15H à mon bureau pour une consultation de routine." "Bien Autumn."
Une nouvelle fois elle raccrocha son téléphone, son sourire s'agrandissant toujours un peu plus, rien qu'a l'idée de la séance qu'elle allait avoir dans l'après midi. Aussitôt, elle quitta son bureau après avoir rangé ses dossiers et taper ses rapports concernant l'agent Mitchell pour la directrice. Elle le jugeait amplement prêt à reprendre les missions. Du moins du point de vue psychologique. Pour ce qui était du physique, ce n'était pas de son ressort. Autumn se dirigea vers le parking pour pouvoir quitter la Cellule Rouge, direction son loft. Ce midi, elle avait promis à son père de lui faire à manger puisqu'il était de passage pour un contrat. Leurs relations s'étaient on peut plus améliorées et ils leur arrivaient souvent de passer du temps ensemble, loin de sa mère. Bien sûr, elle ne pardonnait toujours pas les infidélités de son parent mais ce n'était pas ses affaires.
Vers les coups de 14H, elle prit congé de son père pour retourner à son travail ou une heure plus tard, Autumn recevrait Nathanael sur son canapé. Pour l'occasion, elle portait une magnifique robe dans les tons roses, qui mettait parfaitement en valeur sa poitrine généreuse et sa longue paire de jambes. En tout cas, si elle doutait de son pouvoir d'attraction, les regards appréciateurs des différents mâles qu'elle croisait dans les couloirs de la Cellule Rouge lui prouvaient qu'elle était irrésistible.
"Docteur Calister, est-ce une tenue très correcte pour vos séances?" "Mais oui Madame Stevens. Cela met en confiance mes patients et les aide à se détendre." "A se détendre? Tiens donc." " Secret médical !"
Autumn afficha un air clairement malicieux. Certaines rumeurs courraient sur son dos, comme quoi, elle avait des méthodes très peu orthodoxes pour soulager ses patients. La directrice la quitta en souriant, désabusée de la conduite enfantine de sa subordonnée. Regagnant son bureau, elle passa devant son assistante pour prendre connaissance de ses messages. Pour une fois, il n'y en avait pas. Tant mieux, elle allait pouvoir se préparer pour sa séance. La jeune femme restant une professionnelle, elle travailla consciencieusement ses rapports avant que Judith ne lui signale que son rendez-vous attendait dans sa salle d'attente.
"Ahh pas trop tôt ! Petit Nathanael, tu es à moi pendant plus d'une heure."
Contournant son bureau, elle alla ouvrir la porte de son bureau pour saluer le Nexus a grand renfort de sourire. Amusée de voir Judith lever les yeux au ciel, exaspérée de son comportement, elle adressa la parole au jeune homme.
"Nathanael, si tu veux bien me suivre, nous allons commencer la séance."
Ah oui petit détail, elle exigeait de ses patients qu'ils la tutoient et l'appellent par son prénom. Plus facile ainsi d'établir un climat de confiance, propice aux confidences. D'un signe de la main, elle lui indiqua de se mettre à l'aise et de prendre place sur le canapé.
"Alors comment vas-tu depuis la dernière fois?!" _________________
I was leaving footprints, Tainted by my past, On this winding road to you I'd lost my faith in love, Tonight I believe again, My heart was a broken place And now I feel whole again |
|  | | Nathanael Cohen Resp. Informatique CR

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| Sujet: Re: PETITE CONFIDENCE A MA PSY Mar 25 Mar - 18:54 | |
| - Cohen !
Totalement pris dans son travail, ou plutôt dans son jeu vidéo affreusement barbare, Nathanael n’était que très peu attentif à tout ce qu’il se passait autour de lui. Etant habitué à être éternellement seul dans ses « locaux », il n’était que très peu souvent dérangé. Sa musique en fond sonore était mise à une telle intensité qu’il n’attendait même pas lorsque quelqu’un pénétrait dans la pièce. Il était, en quelques sortes, coupé du monde à sa manière, et comme il était le seul Nexus – de ce qu’on lui avait dit - à avoir grandi en dehors de la Cellule Rouge, personne ne se souciait de ses anormalités, de ses mœurs quelque peu spéciaux, de ses penchants et de ses goûts très personnels, et propre à un être humain ayant grandi en société. Peut être même qu’il était le plus humain de tous les Nexus. Peut être.
Comme dans un rêve, il émergea. Tout le monde le qualifiait de « bizarre » de toute façon. Nathanael se saisit de sa lucidité, du peu qu’il en avait tout du moins. Il assourdit rapidement les enceintes de son ordinateur qui diffusait un morceau de rock datant des années 80, puis il tourna la tête vers la porte d’entrée de son « bureau ». Evidemment, ce n’était pas quelqu’un qui l’appréciait. C’était Logan. Logan Doyle. Il n’avait jamais été qu’un parfait hypocrite, ayant toujours fait passer Nathanael pour un « monstre », un marginal, un incapable, bon à laisser moisir dans un placard. Nathanael ne se souvenait pas lui avoir fait quoi que ce soit, mais il ne voulait pas s’excuser d’exister, si bien qu’il s’obstinait être cordial, et il lui sourit.
- Calister veut te voir à quinze heures.
Nathanael émit un air légèrement incrédule. Que lui voulait-elle, encore ? Certes, il était probablement le moins stable psychologiquement de tous les Nexus, mais, premièrement, il n’avait jamais été contre la Cellule Rouge, n’avait jamais piraté aucun des systèmes, n’avait jamais été un collaborateur du Centre ou indépendantiste, et ensuite, il n’allait pas changer de sitôt, même s’il avait été élevé en société, contrairement aux autres. Il avait vu tellement de fois des psychologues depuis qu’il était revenu de France qu’il s’était plongé dans son antipathie perpétuelle. Il n’était pas contre le fait de consulter des médecins, il était seulement contre le fait que l’on cherche à lui trouver des problèmes. Après tout, il était déjà assez prudent pour la Cellule Rouge de le garder au QG. En effet, Nathanael ne mettait jamais les pieds en dehors de cet endroit. Alors pourquoi aller voir la psy ?
Autumn Calister. Ce n’était pas n’importe qui. Nathanael l’avait déjà vu plusieurs fois, et il était vaguement au courant de ce que l’on disait d’elle. Il prêtait si peu attention à ce que x disait de y, enfermé dans son travail, ou dans son ordinateur. Il se moquait totalement de savoir qui elle fréquentait, ce qu’elle faisait de son temps, même s’il reconnaissait qu’un tant soit peu d’intérêts naissait à chaque fois qu’il la voyait de nouveau, guère plus. Il allait seulement devoir répondre à de nouvelles questions pendant plus d’une heure, et il était vrai qu’il ne s’en réjouissait pas particulièrement. Sorti de son ordinateur, Nathanael avait vite fait de perdre pieds. Le contact social n’avait jamais été son fort depuis qu’il était venu aux Etats-Unis. Fallait-il l’en blâmer ? Peu importait.
Il se montra donc à quinze heures tapantes. Il discuta quelques minutes avec Judith, qui lui disait tout le bien qu’elle semblait penser d’Autumn, puis il attendit, le temps qu’elle aille chercher la psychologue en question. Il les vit reparaître très rapidement, et Nathanael afficha un sourire courtois, comme toujours. Toujours aussi cordial. Et désespérément elle-même. Autumn avait revêtu une tenue qui lui allait parfaitement : superbe, fraîche, féminine. Un frisson lui parcourut la nuque et il s’avança ensuite vers elle. Il entra donc, la salua d’un signe de tête simple mais respectueux, et il vint s’asseoir sur le canapé, le plus simplement du monde. Il répondit enfin quelque chose :
- Comme la dernière fois, je n’en sais rien. Et v... toi ?
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|  | | Autumn Calister Resp. Psychologie CR

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| Sujet: Re: PETITE CONFIDENCE A MA PSY Mer 26 Mar - 2:46 | |
| Quinze heures pile ! Tiens, pour une fois son rendez-vous était à l'heure. Autumn ne se faisait pas d'inquiétude, son petit rat d'ordinateur restait malgré son comportement renfermé et bourreau de travail, une personne ponctuelle. Pas le cas de tous ses patients. Une fois, elle avait du courir après Serena toute une journée pour qu'elle vienne en consultation. Durant une heure, elle avait désespérément tenté de soutirer des mots de la Nexus mais en vain. Tout ce qu'elle récoltait, c'était des à vos ordres ou des oui madame. Elle n'allait pas s'en plaindre, certains membres de la Cellule la confondait avec leur sexologue attitrée... et c'est fou ce qu'elle adorait ça (XD).
L'avantage d'être psy, c'est que vous détenez du pouvoir sur vos patients. Après tout, vous connaissez toutes leurs faiblesses, leurs problèmes, leurs vies. Quoi de mieux pour être au dessus de tout le monde. Du moins, c'était si vous ne vous appeliez pas Autumn Calister. Et oui, autre préjugé qui tombait à l'eau.. Rien ne filtrait de ses consultations. Juste ses rapports et encore elle ne délivrait rien de personnel. Juste des observations. La doctoresse ferma son dossier pour se diriger vers la salle attenante à son bureau où travaillait Judith, son assistante. Elle accueillit son patient préféré d'un grand sourire avant que sa voix douce et charmeuse ne l'invite à entrer dans son bureau. Une fois la porte terminée, elle lui fit signe de prendre place sur le canapé pendant qu'elle allait chercher son bloc note et son crayon.
" Je vais bien. Allonge-toi et essaye de te détendre. Tu veux que je mette de la musique d'ambiance? Ou alors je peux te faire un petit massage? Je plaisante Nathanael.. Du moins si ta réponse est négative, il va de soi."
Le sourire qui ne la quittait pas s'accentua et elle fit un clin d'œil à son patient avant de redevenir un peu plus sérieuse pour commencer la séance.
"Nous nous étions arrêtés la dernière fois à ta première année en dehors de la Cellule. Peux-tu continuer à me parler de cette expérience? Après nous essaierons de travailler sur quelque chose de nouveau."
S'installant confortablement sur son large fauteuil en cuir, Autumn croisa les jambes pour pouvoir y poser son bloc note et écrire ses impressions concernant Nathanael. Depuis la première fois où elle l'avait vu, il y a un an, elle ne pouvait s'empêcher de le taquiner, de chercher à le dévoiler. A connaître l'homme derrière cette étiquette de Nexus. Ce fait l'étonnait grandement mais ce n'est pas son cas qu'on étudiait présentement mais bien celui du dieu sur patte qui se trouvait allongé devant elle. Mamamia, elle le croquerait bien celui-là !
« Vas y, je suis prête ! Tu commences quand tu te sens prêt. » _________________
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|  | | Nathanael Cohen Resp. Informatique CR

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| Sujet: Re: PETITE CONFIDENCE A MA PSY Mer 26 Mar - 15:49 | |
| Il fallait être honnête, Nathanael ne se fit pas prier, et s’exécuta sur le vif. Il s’allongea – ou presque étant donné qu’il tenait une position entre celle assise et celle allongée sans trop savoir pourquoi – et il demeura parfaitement détendu. Il n’avait aucun « problème », sa vie ne lui infligeait aucun « tourment » insatiable et perturbant, et il se moquait autant de ce qu’il « devait » penser des autres que ce dont on pensait de lui. En somme, il venait davantage parler de la pluie et du beau temps plutôt que de ce qui pourrait faire de sa vie un élément perturbateur de sa personnalité actuelle. C’était, en tous les cas, la certitude qu’il gardait. Il fallait, également, lui accorder qu’il avait consulté tellement de psychologues par le passé – depuis son arrivée à la Cellule ou plutôt depuis son retour – qu’il était quasiment certain que s’il avait posé un problème, il l’aurait su.
Il ne releva rien d’autres. Il était habitué et conditionné aux « excentricités » d’Autumn Calister, et il était lui-même si particulier dans sa façon d’être qu’il ne pouvait guère reprocher cette côte « différent » à qui que ce soit d’autres. La seule différence marquante entre eux fut bien que Nathanael était un Nexus, et qu’il aurait donc dû être un « gentil robot obéissant, docile et meurtrier », et non pas quelque androgyne, fanatique de rock et de métal, adepte de jeux vidéos, et perpétuellement d’excellente humeur. Les sourires des Nexus – disait-on – se comptaient sur les doigts des deux mains, et Nathanael ne pouvait que s’y accorder quand il croisait Serena, ou Nathan par exemple. Il y avait de quoi avoir quelques frissons, car, pour sa part, en revanche, Nathanael était jovial, cordial, chaleureux. En effet, il était tout simplement humain.
L’histoire repartit. Son passé. Sa vie hors de la Cellule. Son enfance. Sans surprise. Il n’aimait pas vraiment parler de cette époque car l’image de son « père » le rendait toujours un peu « triste ». Il savait qu’il n’avait absolument pas le droit de ressentir ce genre de choses. Il ne devait absolument rien ressentir. Il n’était pas censé être humain, il devait être gentil, obéissant, docile et meurtrier. Il n’y arrivait pas. Finalement, peut être qu’avoir ce rendez-vous lui déplaisait plus qu’il ne voulait l’admettre. Autumn le savait. Nathanael détourna le regard à l’instant même où elle prit place « précisément » et en toute féminité sur son fauteuil. C’était décidé, il était moins détendu qu’il ne le pensait. La seule question qu’il restait à élucider était de savoir si tout dépendait de lui, ou d’elle.
- Toutes les années que j’ai passées à Paris se ressemblaient. Il pleuvait très souvent, c’est tout ce dont je me souviens. Mon p… le chimiste qui s’est occupé de moi m’a élevé comme un enfant normal, mais je me rappelle tous les jours qu’il m’assénait que j’étais « différent », que je devais faire « attention », et que, quoi qu’il arrive, je ne devais parler de rien me concernant. J’étais petit … J’ai obéis.
Un goût d’amertume perdurait sur ses lèvres et sur le bout de sa langue. Le propos en lui-même n’avait rien de désagréable, bien au contraire, la seule pensée de cette époque lui invoquait une nostalgie prenante que faisait agréablement bouillonner des dizaines d’émotions différentes et complexes qui le rendaient absent. Ce qui le dérangeait était la façon dont il se sentait obligé d’en parler. Il voyait souvent ce « chimiste » comme son père, son géniteur, mais de tels regards s’étaient posés sur lui lorsqu’il était venu ici en parlant ainsi de cet homme qu’il avait fini par transformer cette réprobation en honte, et cette honte en silence. Nathanael ne se sentait oppressé d’aucune façon, cependant, il savait que le peu de mal que sa bonne humeur dissimulait venait de lui. Autumn ne lui apprendrait rien, mais il devait poursuivre. Evidemment.
- Je déteste Los Angeles rien qu’à la pensée de Paris. J’aimerais retourner en France … un jour.
Alors qu’il fixait obstinément le plafond, Nathanael savait que ses mots avaient dépassé sa pensée. Il n’aurait jamais dû dire cela. C’était encore une fois la preuve de son instabilité sentimentale. Il était déjà tellement enfermé ici, et tout portait à croire qu’on préférait le laisser mourir entre ces quatre murs plutôt que de le laisser reprendre un peu de liberté. Nathanael n’avait plus rien que son espoir, et il s’en contentait. Cela n’empêchait pas son envie, ses envies. Et elles allaient toutes – ou presque – pour la France. Pour Paris. Il poursuivit sans la regarder, mais un sourire – peut être malsain finalement – se dessina sur ses lèvres alors qu’il poursuivait, l’air de rien :
- Je n’ai rien à en dire … Ma vie était ce qu’elle était. La Cellule a détruit mon passé, tu le sais. Je suis Nathanael Cohen, déviant, et condamné à agoniser lentement devant un écran d’ordinateur.
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| Sujet: Re: PETITE CONFIDENCE A MA PSY Mer 26 Mar - 23:25 | |
| Autumn écoutait patiemment Nathanael parler. Elle sentait toute l’amertume que dégageait cette partie de sa vie mais aussi son désir à changer de vie, d’échapper à cette cage de béton qu’était la Cellule Rouge. Dans un sens, elle le comprenait. Dans un sens car sa petite vie bourgeoise n’était pas la pire prison. Il vivait et vivrait surement des choses plus difficiles qu’elle. Ce n’était même pas une hypothèse mais plus une certitude. Dans sa tête germait une solution. Autumn souhaitait lui remonter un peu le moral mais pour cela, elle devait en parler avec la directrice. Toutefois, un sourire discret lui effleura les lèvres, la faisant ressembler un peu plus à une femme normale qu’a une folle perverse et sadique, ce qu’il fallait bien l’avouer était l’image qui lui collait le plus à la peau.
Elle faillait lever les yeux au ciel en sentant que cette conversation allait faire parti son patient, ce qu’elle ne voulait absolument pas. En souriant, elle se leva, posa son bloc note et son crayon pour venir s’asseoir sur le canapé. Maligne, elle posa une main sur sa cuisse, toujours sans perdre un instant son air malicieux mais où l’on voyait une lueur sérieuse briller sous toute cette couche de superficialité.
« Pourquoi ne pas y retourner ? Je pourrais te prescrire des vacances thérapeutiques bien sûr, il faudrait que quelqu’un assure ton suivit psychologique. Ça fait longtemps que je n’ai pas mit les pieds dans cette ville, que dirais-tu de m’accompagner ? Je suis sûre que je pourrais convaincre la directrice. Si tu es d’accord pour partir avec moi en vacance. Je dois vraiment te promettre que je serais sage et que je ne chercherais pas à te violer ? »
Autumn remonta lentement sa main sur sa cuisse avant de la poser sur le torse du Nexus puis sur sa joue qu’elle pinça gentiment. Note à elle-même, trouver un moyen de lui enlever toutes ses fringues encombrantes, trop encombrantes. La doctoresse ne perdait pas pour autant le fil de sa séance, elle voulait également revenir sur les paroles de son protégé car mine de rien, il était cela pour elle. Un Nexus combattant sa propre nature et sa propre éducation.
« Est-ce ainsi que tu vois ton avenir ? La Cellule a détruit ton passé mais tu peux encore construire les fondations de ton avenir. Penses-tu sincèrement que tu ne peux pas te trouver une place sur cette Terre ?! La guerre finira bien un jour. Si tu me laisse une petite chance de te montrer cette voie, je te montrerais que tu peux toi aussi être quelqu’un d’unique et pas seulement mon petit rat d’ordinateur. »
Pour une fois, la jeune femme s’était exprimée d’une voix douce et sérieuse, bien loin de l’image farfelue qu’elle pouvait offrir à ses patients ou à sa hiérarchie. Il fallait bien de temps en temps, un peu de sérieux dans sa vie mais bien parce qu’elle adorait trop ses patients et puis, il y a un temps où les bêtises non plus leur place.
« Continuons notre séance. Je vais te montrer des images, et tu vas me dire ce qu’elle t’inspire d’accord ? Commençons par celle-là. Elle t’évoque quoi ? » _________________
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|  | | Nathanael Cohen Resp. Informatique CR

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| Sujet: Re: PETITE CONFIDENCE A MA PSY Jeu 27 Mar - 19:31 | |
| - Pourquoi ?
Nathanael se mit à rire nerveusement bien malgré lui. Il était difficile de savoir si la question désignait réellement le propos qu’elle venait de lui tenir ou s’il l’interrogeait indirectement sur la raison de son geste, qui n’avait absolument rien à voir avec le propos présent. Quel était ce besoin – cruellement déstabilisent pour lui – d’être dans une telle proximité ? Peut être – et même sûrement – que ses autres « patients » aimaient cet aspect proche, intime, à forte incitation sexuelle, probablement qu’ils étaient tous « intéressés » et dans leur « élément » ou presque, mais Nathanael – s’il avait très longtemps vécu dans la société « normale » n’avait jamais eu l’occasion d’avoir un contact « humain ». Depuis qu’il était entré – ou rentré – à la Cellule, il s’était vu confiné à ses « appartements » et les femmes – ou les hommes d’ailleurs – restaient un sujet obscur. Toute allusion, toute pratique, toute évocation ou connotation, le rendaient indifférent, mais puisqu’il n’était justement pas indifférent à Autumn, Nathanael nageait en eaux troubles.
A le violer ? Il déglutit péniblement, en souriant néanmoins. Il se redressa légèrement – et laborieusement. Nathanael paraissait être un « gamin » à côté du docteur Calister, et il l’était tant en matière de « vie », de séduction, et surtout de sexe. Elle semblait savoir ce qu’elle faisait, et lui craignait justement ce savoir. Il n’était pas à sa place, ce qui ne l’empêchait pas d’être totalement lui-même, soit souriant, mais renfermé. Il ne disait rien, ou n’osait rien dire devant le flot pourtant conséquent de propos qu’elle lui adressait en revanche. Il n’osa pas répondre à sa proposition, et il n’eut même pas la chance de pouvoir la considérer tant elle le déstabilisait. En réalité, Paris comme la France ressemblait à une vague plaisanterie désormais, et il finissait par ne pas du tout apprécier cette sensation. Autumn le mettait mal à l’aise, et il peina à ne pas lui montrer. Or, déjà qu’il était explicit dans ses réactions, mais elle était également spécialisée en psychologie. Comment aurait-il pu sauver les apparences ? Nathanael fit tout ce qu’il savait faire dans un moment qu’il ne contrôlait pas : il garda le silence.
Alors qu’il considérait ce qu’elle disait au sujet de son passé et de son avenir, Nathanael entreprit de se saisir en toute délicatesse du poignet d’Autumn pour écarter sa main de sa joue. Il ne la repoussa pas réellement, et il eut même un instant d’absence durant lequel il retint quelque frisson, mais il se sépara « physiquement » d’elle. Elle exprimait de l’espoir et de la possessivité qui plaisait affreusement à Nathanael. Il se sentait irrésistiblement attirer par Autumn, mais la seule idée qu’il n’était guère le seul dans ce cas le rebutait catégoriquement. De plus, il n’était même pas certain de ce qu’il ressentait. Il secoua vaguement la tête, et il n’eut guère plus de réponses qu’auparavant. Nathanael ne croyait pas en son avenir, il était déjà mort, et il n’avait d’ailleurs jamais réellement existé. Cohen était un nom commun, et quoi qu’il fut quelqu’un d’exceptionnel au sens premier du terme, il se sentait différent, et différent prenait vite le sens de « dangereux » lorsque l’on faisait partie des Nexus. Enfermé, quasiment mort, et désespéré. Désespéré, pas tout à fait en réalité. Il avait ses espoirs, ses rêves, son ordinateur … et cette attirance étrange et finalement désagréable. Il s’y refusait en réalité. C’était son seul problème.
Il n’eut que si peu de réponses, et en réalité aucune qu’il fallut néanmoins avancer. Elle lui proposa « d’évoluer » ou plutôt de poursuivre, mais poursuivre lui inspirait d’étranges envies et des aspirations défendues. Son esprit masculin se complaisait dans des rêves qui devenaient vite des fantasmes, et il rougit seul en fixant désespérément ces formes qu’il avait déjà vu cent fois dans sa vie mais qui lui inspiraient de nouvelles visions, qui n’avaient plus rien d’orthodoxes. L’ignorance n’empêchait guère l’apprentissage. Nathanael était vraiment un « gamin », ni plus ni moins, et c’était son sentiment de solitude et de culpabilité qui gagnait sur le reste. Il baissa les yeux puis croisa de nouveau le regard d’Autumn. Il déglutit péniblement, et répondit :
- Une idée.
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| Sujet: Re: PETITE CONFIDENCE A MA PSY Sam 29 Mar - 2:15 | |
| « Quel est le véritable sens de ta question ? Cherches-tu à savoir pourquoi j’agis ainsi ou pourquoi est-ce que je te mets si mal à l’aise ? »
Autumn plongea son regard chocolat dans celui de Nathanael, comme pour le sonder, découvrir le vrai du faux, le conscient de l’inconscient. En tant que psychiatre, elle devrait se cantonner à dire des : quel effet cela a eu sur vous, ou que ressentez vous. Toutefois, si elle avait choisit cette voie, ce n’était pas pour gagner de l’argent sur la misère du monde, elle cherchait à les aider avant toute chose. Or, ce n’est pas en restant le cul dans un fauteuil et en faisant semblant de prendre des notes, qu’elle résoudrait les cas les plus complexes. Néanmoins, elle consentait à avouer que le cas de cet homme la préoccupait plus que de raison. Quand elle l’apercevait dans un couloir, elle ne pouvait cesser de faire la pitre et de l’allumer. Ce comportement la faisait passer pour ce qu’elle n’était pas mais disons que l’avis général ne la préoccupait pas plus que de raison. Elle adorait même ça, être au centre de l’intérêt, provoquer les gens, voir leur façon de réagir.
Pour le cas de Nathanael, tout était différent. Dans un sens, elle ne voulait pas qu’il la juge à côté de ses pompes mais de l’autre, rien qu’à l’idée qu’il prenne le temps de la considérer l’emplissait de satisfaction personnelle. Tout en continuant son approche, elle commença à parler, un long monologue puisque son patient semblait être désespérément muet. Oh, elle ne s’en offusquait pas, loin de là. Le fait de le mettre mal à l’aise lui plaisait dans la mesure où il n’était pas indifférent. Nathanael se saisit quand même de sa main, comme pour s’éloigner physiquement de la tentation du diable. Autumn lui dédia alors un grand sourire chaleureux et se retenait de ne pas lui montrer à quel point, il pouvait être vivant. Entre ses bras, contre ses lèvres. Il ne fallait pas être sorti d’une grande école pour comprendre qu’elle se sentait attiré par lui. Pourquoi lui et pas un autre ? Elle ne savait pas, elle suivait juste son intuition. Le seul problème dans l’histoire était qu’elle ne souhaitait pas briser son cœur. Il ne se remettrait pas d’une blessure psychologique, surtout venant de sa thérapeute. On ne peut soigner les gens pour les détruire après. Or, Autumn ne croyait plus en l’amour, elle était tout bonnement incapable de se remettre à un homme, de faire confiance au point d’offrir son cœur déjà fort meurtri. Elle décida alors de lui laisser un moment de calme pour lui faire passer le test de Rorschach.
« Bien. Passons aux suivantes si tu veux bien. »
La doctoresse s’écarta de son patient pour reprendre possession de son fauteuil et ainsi faire passer le test. Elle lui montra ainsi six autres images d’encre noir et trois en couleur. Autumn nota conscieusement les réponses de Nathanael avant de refermer son carnet et de se lever pour déposer le tout sur son bureau puis, elle se dirigea une nouvelle fois vers lui pour s’adosser au mur en face du canapé et le regarda sérieusement, toute malice envolée.
« J’aimerai que tu me décrives comment tu te perçois, comment tu penses que les autres te perçoivent et comment tu aimerais qu’on te perçoive. Pour la dernière question, montre-toi sincère, je veux que tu me décrives ce que tu veux réellement. »
Pour l’encourager, elle lui sourit chaleureusement avant de s’attacher les cheveux en un chignon sauvage, un peu à l’image de sa propriétaire. Puis, elle glissa les mains derrière son dos, et attendit la réponse de Nathanael, glissant sur lui un regard empli de chaleur humaine mais aussi de retenue, comme pour lui dire : Hey, regarde moi, parle moi, ne sois plus seul. Elle désirait tant qu’il s’ouvre à elle mais ce désir n’était hélas pas seulement professionnel, mais bien à son plus grand désarroi, privé. _________________
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|  | | Nathanael Cohen Resp. Informatique CR

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| Sujet: Re: PETITE CONFIDENCE A MA PSY Sam 29 Mar - 10:58 | |
| Oui, pourquoi agissait-elle ainsi ? Prenait-elle un malin plaisir à jouer de ses tourments psychologiques pour s’en servir contre lui ? Il ne se sentait vraiment pas bien, et il aurait également aimé définir le « pourquoi » du « comment », mais cela semblait radicalement impossible. Elle ne le laissait pas indifférent, certes, mais qu’était-ce foncièrement que ne pas être indifférent à quelqu’un ? Nathanael ne savait absolument pas ce qu’était un « rapport sexuel » par exemple. Evidemment, il en connaissait les lignes, les principes, les causes comme les conséquences, mais il n’avait jamais vraiment « su ». Il n’avait jamais touché une femme de sa vie, et – étonnement – il n’y avait jamais réellement songé. En admettant que les instincts sexuels étaient encore l’une des réactions les plus primaires de l’Homme, Nathanael n’y avait pas échappé, mais jamais rien n’avait dépassé le principe « d’idéal », d’idée, tout simplement. Pourquoi le mettait-elle mal à l’aise ? Parce qu’elle était une femme, une rare femme qui lui plaisait, mais surtout parce qu’il éprouvait autant d’appréhension que de peur, et que tant qu’il se trouverait dans ce bureau, il aurait la sensation de se sentir menacé. Physiquement ou spirituellement, et peut être même les deux.
Qu’elle cesse de le regarder ainsi ! Il en arrivait à la détester parfois, concrètement, comme si elle agissait à son égard d’une façon purement répréhensible. Nathanael se sentait concrètement pris au piège, comme une proie sur le point de se faire dévorer par son prédateur, mais Autumn, prédateur ou pas, ne l’approcherait pas. Il avait déjà vécu beaucoup de choses pour un Nexus, il en avait vu et entendu beaucoup, mais l’essentiel de sa vie n’était jamais basée sur les rapports sociaux. Comment devait-il réagir quand une personne l’injuriait ? Comment devait-il réagir quand une personne l’appréciait ? Que devait-il répondre à un « Je te hais » ? Que devait-il répondre à un « Je t’aime » ? Et, encore pire, que devait-il faire lorsqu’un regard poser sur lui indiquait un franc mais déstabilisant « Tu me plais. Vraiment » ? C’était le genre de questions que l’on pouvait, normalement, poser à sa psy. Nathanael y était fixé en tous les cas. Le seul problème restant était donc : que faire lorsque c’est justement sa psy qui semble vous adresser ces propos ? Perdu, certes. Mais c’était l’état perpétuel de Nathanael depuis qu’il était à la Cellule.
Evidemment, il ne répondit rien. Il avait adopté cette attitude de demeurer silencieux, même si la question exigeait expressément une réponse. Il ne voyait pas d’autres solutions qui l’auraient remis davantage en « sécurité ». Il préféra continuer à évoquer des mots plutôt que des propos concrets, car son élocution n’avait rien d’aisée et il préférait donc se réserver de paraître plus nerveux qu’il ne l’était déjà. Elle le savait, et elle ne faisait rien pour l’arranger car même la distance ne remédiait pas à son « mal ». C’était en définitive très frustrant, et il détestait lentement et certainement tout ce qui se rapportait à elle. C’était stupide d’agir ainsi, mais comme toute personne face à quelque chose qu’il ne comprenait ni ne contrôlait, Nathanael se défendit par une aversion nette et pure. Il la suivit des yeux alors qu’elle s’en allait s’adosser au mur, et, à cette distance, il lui parut qu’elle lui plaisait toujours autant mais qu’il était nettement mieux placé. Il se redressa lentement jusqu’à être pleinement assis, droit et fier – si possible.
- Je ne suis personne.
Il leva les yeux vers elle en toute simplicité. Il avait totalement foi en ces propos aussi étrange que cela puisse paraître à la première écoute. Il n’avait pas la sensation d’avoir un sens dans la vie, d’être quelqu’un, que l’on attende quelque chose de lui. Rien de tout cela. Il se sentait être tout le monde comme personne, un bruit, un silence, une couleur, le noir, le blanc, le vent, la terre, n’importe quoi, mais pas quelque chose à laquelle on portait une vraie considération. Nathanael était également un Nexus, mais il se sentait aussi comme une erreur. Ce n’était pas le « super soldat » qu’il aurait dû être. Autumn allait l’entendre dire explicitement :
- Je suis l’employé confiné à son ordinateur, qui se moque de tout, et de rien. Je me moque bien de ce que l’on dit de moi, et je déteste pourtant ignorer des choses sur les autres. Comment l’on me perçoit ? Je pense qu’on me voit comme un type antipathique, marginal, pas intelligent mais seulement utile. On pense sûrement que je ne suis qu’un instrument, comme tous les Nexus, n’est-ce pas ? Comment je voudrais qu’on me perçoive ? Mais comme un homme. On dirait que c’est simple dit ainsi, mais tu le sais mieux que moi … Si j’étais vraiment un homme, je ne serai pas ici.
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|  | | Autumn Calister Resp. Psychologie CR

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| Sujet: Re: PETITE CONFIDENCE A MA PSY Lun 7 Avr - 15:57 | |
| Autumn écoutait les réponses de Nathanael avec l’envie de le secouer pour le faire entendre raison. Depuis quand n’avait-elle plus le recul du à son rang ? Elle mélangeait ses sentiments, ses opinions au cadre strict et professionnel et ce n’était pas bon. Peut-être que la directrice avait raison, elle ne faisait plus son travail avec le sérieux qu’il requérait. Pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de vouloir aider le jeune homme. L’inconvénient de cette histoire et qu’elle commençait à comprendre quel était l’origine de tout ses maux. Quand elle observait le Nexus, elle se sentait étrange mais elle se refusait d’aller dans cette voix là. Ni l’un ni l’autre n’était en état de pouvoir ressentir ce genre d’émotions. Toutefois, elle pouvait toujours être sa confidente et lui permettre de s’épanouir. Ça s’appelle du masochisme dans son jargon mais la peur de souffrir la clouait sur place et lui faisait jouer le rôle de spectatrice.
« Pour toi, qu’est-ce qu’être un homme ? Le fait d’avoir un père et une mère ? Certes, tu as été crée dans un laboratoire mais tu as bien les gènes d’un père et d’une mère. Tu n’es pas un monstre, loin de là. On ne naît pas homme, on le devient. Ce sont nos actes qui ne nous construisent pas notre origine. Quand je travaillais dans le civil, j’ai entendu beaucoup de choses. On venait me voir car on se pensait fou mais jamais parce qu’on ne se pensait pas homme. Avoir besoin d’une thérapie, c’est le mal de beaucoup d’hommes. Je suis ici pour les écouter mais aussi les conduire sur le bon chemin, je sers de guide en quelque sorte. »
Autumn se décolla du mur pour aller derrière son bureau et regarda l’horloge. La séance touchait à sa fin mais elle ne souhaitait pas le libérer tout de suite. Nathanael l’intriguait mais aussi l’attirait avec plus ou moins de force mais le fait qu’il était son patient compliquait l’affaire. Elle aimait taquiner ses patients mais delà à avoir une relation approfondie avec l’un deux. Mouais, un coup à se faire virer manu militari.
« La séance touche à sa fin mais j’aurais une proposition à te faire. Rien d’indécent, je sais me montrer raisonnable. Voilà, j’aimerais que pour la prochaine séance, nous sortions en ville pour que je puisse te voir dans un autre environnement afin de connaître tes aptitudes à t’intégrer dans un milieu autre que professionnel. Tu es libre de refuser bien sûr, je n’ai pas pour habitude de forcer mes patients mais je pense que ça ne pourrait qu’être bénéfique pour toi. »
La doctoresse signala la fin de la séance à Nathanael par un signal qu’ils avaient tous les deux implicitement mis au point mais au moment où le Nexus allait ouvrir la porte menant au bureau de son assistante, Autumn, comme prit de folie, contourna son bureau pour lui attraper le bras puis se hissa sur la pointe des pieds pour l’embrasser légèrement sur les lèvres. Elle s’écarta de lui en souriant gentiment.
« Pardonne mon geste très peu professionnel mais les hommes ont des faiblesses, des envies et j’ai cédé aux miennes. Je comprendrais que tu mettes fin à nos séances mais je suis une grande égoïste et je ne te mentirais pas, j’ai une folle envie de recommencer. »
Autumn haussa les épaules d’un signe fataliste avant de le dépasser et de poser sa main sur la poignet pour l’ouvrir mais elle se retourna vers lui pour lui adresser quelques mots sur ton moins assuré.
« Si tu refuses d’être mon patient, ma proposition de sortie tient toujours tu sais. Sauf que l’on pourrait peut-être y aller comme amis non ? » _________________
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| Sujet: Re: PETITE CONFIDENCE A MA PSY Lun 7 Avr - 20:06 | |
| Amèrement, Nathanael gardait la conviction que c’était de très jolis discours qu’elle lui servait mais que cela ne l’aiderait jamais vraiment. Il était aisé de dispenser les conseils mais qui aurait pu réellement aider quelqu’un dont on ignorait tout ? Certes, il n’était pas le plus grand des mystères pour Autumn, mais ils n’avaient pas vécu les mêmes choses. Où était-elle quand il se faisait brutaliser par les jeunes enfants de son âge ? Où était-elle quand son père adoptif s’était fait persécuté par la cellule ? Où était-elle quand Nathanael l’avait vu mourir ? Où était-elle quand on l’avait traîné jusqu’ici ? Où était-elle quand il ne pouvait se regarder dans un miroir sans s’écoeurer d’être le monstre qu’autrui s’était évertué à lui montrer ? Il était perversement amusé qu’elle tente de lui donner des conseils sur quelque chose qu’elle ne pouvait même pas imaginer. Nathanael était ancré dans son aversion spontanée, qui le vouait à être particulièrement méprisant à l’égard de la jeune femme. Le fond de ses sentiments pour elle n’était pas aussi noir, mais sa seule façon de se défendre était de se distancer de ce qui formait ses plus évidentes faiblesses. Il souffrait et se consumait de maux éternels qui le rongeaient. Il savait qu’il était un homme, là n’était pas la question. Ce qui était gênant était le fait qu’il ne soit pas considéré comme tel.
Il la maudissait silencieusement du regard. Ses traits s’étaient rassemblés en une totale sérénité. Il n’avait pas envie de dire quelques mots qui dépasseraient sa pensée. Elle ne méritait pas ce qu’il voulait pourtant lui dire. Nathanael savait que faire du mal à quelqu’un comme on lui en avait toujours fait serait un effort douloureux mais libérateur, mais son esprit peu sociable se limitait à une forme de respect muet et infini. Il n’était pas capable de faire souffrir quelqu’un, il n’était pas capable d’être « mauvais », « mesquin ». On ne le disait pas nécessairement gentil ou bon pour autant, mais il préférait endurer sa souffrance que la témoigner à quelqu’un d’autre. C’était tellement plus simple, et son esprit identifiait le fait comme quelque chose de « normal » en réalité. Il était né et vivait pour souffrir, rien de plus. Il était une erreur dans programme, une infamie dans un projet génétique, une aberration pour la nature humaine. Nathanael avait un certain ego mais il était réduit à des rebords si confinés qu’il pouvait sembler inexistant. Il était si soumis à sa condition qu’il n’en était quasiment plus qu’un animal. Une bête. Un rat d’informatique.
La délivrance ! C’était enfin terminé. Il avait considéré ses propos mais il n’avait aucune envie d’accepter. A quoi bon se jeter dans la gueule du loup ? Autumn semblait être le pire des prédateurs. Elle n’en était pas un à proprement parler mais il se sentait menacé comme si le peu de raison que sa nature humaine lui conférait se voyait en danger à son contact. C’était un fait totalement issu de son imagination mais il n’en avait pas le contrôle. Il devait nécessairement, encore et toujours, se protéger sans savoir de quoi puisqu’il était vulnérable à quasiment tout. Il ne se sentait en sécurité nulle part et avec personne. Il n’avait pas besoin de se sentir en sécurité en réalité. De toute façon, qu’il vive ou meurt n’avait que très peu d’importance. C’était en tous les cas la certitude qu’il gardait. Il avait besoin de prendre l’air, même si tout était relatif au fait que changer de pièce suffisait à le faire prendre l’air. Depuis qu’il était revenu de Paris, ou plutôt partit en réalité, Nathanael ne se souvenait pas être sorti de cet endroit. Il le regrettait mais l’idée de le faire en la compagnie d’Autumn semblait avoir quelque chose de … malsain.
Il se leva pour sortir, mais avant qu’il n’en ait eu le luxe, Autumn était promptement venu à lui. Ce baiser fut rapide et quasiment invisible, mais Nathanael ne pût douter de la réalité de ce geste. Il en resta totalement perplexe, froid, encore plus perdu. Il savait qu’il n’existait plus aucune aversion, elle s’était envolée rapidement, mais un sentiment d’étrange culpabilité s’empara de lui en retour. Les propos qu’elle lui tint étaient profondément déstabilisant pour lui, mais il parvint à garder le silence. Si elle avait envie de recommencer, il se surprit à penser qu’il ne serait absolument pas contre. Cependant, il était particulièrement difficile pour lui de savoir si cette sensation était « bien » ou « male ». Il se contenta de dire quelques mots :
- Tu ne peux pas jouer avec moi. Je ne suis pas comme eux.
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| Sujet: Re: PETITE CONFIDENCE A MA PSY Mar 8 Avr - 12:03 | |
| Bordel de .. qu’est ce qu’elle avait fait ? Elle l’avait embrassé ! Mais elle était folle ou quoi ? Comment pouvait-elle aussi facilement réprimer son professionnalisme au détriment de ses sentiments ?! Bon, depuis son arrivée, il y a un an, elle s’était sentie attirée par lui, elle ne pouvait pas le nier mais à l’époque, Autumn avait refréné cette envie car elle venait juste de divorcer. Mais maintenant, elle ressentait une envie irrépressible de le rendre heureux, de le faire sortir de sa coquille pour qu’il puisse vivre normalement. Tout le contraire des ordres de ses supérieurs. Elle devait certes aider les Nexus mais ne pas faire d’eux des anti-soldats. Pourtant quand elle voyait tout ce gâchis, elle ne pouvait s’empêcher de sortir son bâton de guide et faire en sorte qu’ils apprennent à vivre par eux-mêmes et non comme des machines. D’ailleurs, elle se disputait souvent avec les scientifiques pour cette raison. Moins avec Callahan mais elle savait y faire avec lui, surtout quand elle jouait sur son point faible, Serena.
Le besoin de vacances commençait encore à résonner dans son cerveau épuisé par cette lutte sans merci. Nathanael ignorait peut-être qu’à l’instant présent, ses mots déchiraient beaucoup plus Autumn que n’importe quoi. Elle entendait souvent ce genre de propos mais venant de sa part, ça faisait mal, très mal. Oui, elle possédait un comportement très extraverti, oui, elle aimait les hommes mais en même temps, elle les détestait avec une force que personne n’imaginait. Oui, elle pouvait passer pour une croqueuse d’hommes sans sentiments mais en réalité, elle n’était pas comme ça. Si elle s’auto-analysait, elle trouverait certainement la réponse à sa question. Toute sa vie, elle n’avait vu que duperie sur les sentiments, elle-même l’avait vécu avec son ex-mari. Elle comprenait la réaction de Nathanael mais elle lui faisait mal.
« Aussi étrange que ça puisse te paraître, je ne joue pas avec toi mais ma réputation ne m’aide pas à me faire croire hein ! Ça fait un an que je suis attirée par toi mais tu es mon patient, je le sais mais c’est plus fort que moi. Tout ce que je t’ai dit, je le pensais. Tu es un homme pour moi, un homme attirant, intéressant. J’aimerais connaître en profondeur celui que tu es mais ce n’est pas une curiosité professionnelle. »
Durant tout son discours, Autumn avait baissé la tête, massant machinalement son poignet gauche, comme lorsqu’elle était nerveuse. Envolée la belle assurance. Devant lui, elle se sentait la pire des idiotes, un peu comme une adolescente se prenant son premier râteau avec son premier béguin. Une femme pathétique dans une robe pathétique, espérant une chose interdite mais pourtant si tentante. Toutefois il avait raison, elle n’était pas pour lui. Elle lui ferait mal et elle se refusait de tout son être.
« Je vais confier ton dossier au docteur Beckett, mon bureau te sera toujours ouvert mais je n’ai plus le recul nécessaire pour être ton thérapeute. C’est pas facile d’écouter quelqu’un quand on a envie de l’embrasser et de le prendre dans ses bras pour ne serait-ce lui apporter un peu de chaleur humaine. Je sais, je suis pathétique mais si ça pouvait rester entre nous, ça serait sympa. »
Autumn releva son beau visage pour plonger son regard dans celui de Nathanael. Ce qu’elle y lisait lui retourner le couteau dans la plaie. Qu’avait-elle fait ? Elle devait enrayer les tourments de ses passions non en provoquer d’autre. Très doucement, elle s’approcha de lui pour poser ses mains sur son torse et aussi lentement, elle en fit de même avec son front, résignée à le laisser partir sans pour autant l’être. A ce moment, elle aurait tout donné pour sentir ses bras se renfermer sur elle car elle n’avait jamais eu aussi froid qu’à cet instant. Pourtant quand elle releva une nouvelle fois ses yeux sur elle, son masque de malice reprenait ses droits et elle se mit sur la pointe des pieds pour l’embrasser un peu plus longtemps cette fois-ci avant de se reculer une nouvelle fois.
« Un baiser d’adieu ! N’ai pas peur je ne permettrais plus autant de familiarité mais c’est dur de laisser échapper un homme comme toi. C’est ça l’envers de la médaille, on a les femmes à ses pieds quand on est un homme, tu l’apprendras si tu sors dans la rue. Je vous rends votre liberté monsieur Cohen. »
La fin de sa phrase fut dite dans un sourire amusé mais triste à la fois car elle savait exactement ce qu’il se passerait. Il allait tourner les talons en la maudissant sans nul doute de mettre un tel bazar dans sa tête. Elle, elle irait dans un bar ce soir, elle boira plus que de raison pour oublier la tempête dans son cœur et peut-être finira-t-elle avec un autre homme. Le lendemain, elle reprendra le travail en confiant son protégé à un autre médecin. Peut-être demandera-t-elle des vacances qu’elle passera sans aucun doute à Paris car en bonne maso, elle ne pourra faire autrement.
« Tu n’es qu’une idiote Calister ! » murmura-t-elle en se retournant pour prendre son bloc note. _________________
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| Sujet: Re: PETITE CONFIDENCE A MA PSY Mar 8 Avr - 12:58 | |
| Nathanael ne pouvait se considérer comme un être humain, comme un homme. Il savait que le fait d’être en proie à tous ces sentiments, à tous ces doutes, à toutes ces pensées, à toutes ces vertus comme à tous ces vices, était une preuve évidente de sa condition humaine, et de sa moralité humaine, mais il y avait la certitude d’être humain et celle d’être un homme. Fondamentalement, il pensait avoir bien faire d’appuyer excessivement sur le « eux ». Être considéré comme un individu « mâle » de son espère était encore un autre cap à franchir, mais dont il ne voulait approcher. Le fait qu’Autumn puisse être sincèrement attirée par lui impliquait le fait qu’elle le considère comme telle. La frustration de Nathanael devenait rapidement un obstacle à cette évidence. C’était revenir aux principes sexuels, et sentimentaux. Il n’avait aucune idée de ce qu’était l’amour, il n’avait aucune idée de ce qu’était le sexe. Il en connaissait forcément les termes, il en connaissait les définitions, les caractéristiques, il savait parfaitement les causes et les effets qui en résultaient, mais quant à savoir si son propre esprit, si son propre corps, si sa propre existence en était concernée, c’était une toute autre histoire. Ce sentiment de malaise auprès d’Autumn pouvait bien être un sentiment amoureux comme un désir purement et simplement sexuel. Ce pouvait être les deux, comme ni l’un ni l’autre. Nathanael plongeait et se noyait doucement dans un vaste océan d’ignorance, dont il ne semblait plus pouvoir sortir.
Il aurait aimé la croire mais c’était si difficile. Nathanael se rendit compte qu’il n’était pas aussi insensible aux « on dit » qu’il le prétendait. La réputation d’Autumn avait fait le tour de toute la Cellule, et lui-même, reclus, en avait entendu parlé. Il connaissait ce jeu pervers et presque sadique de séduction poussé au vice. En réalité, il n’en avait qu’entendu parler, ce qui faussait inévitablement son jugement. Mais le fait qu’elle semble le mettre si mal à l’aise lui engendrait l’inévitable fait qu’elle voulait « jouer » avec lui. Il n’existait pas d’autre explication qui fut plausible à ses yeux. Il lui en fallait peu pour justifier ses sentiments, et il demeura particulièrement en retrait, contre la porte. Il ne pût guère aller bien loin, mais il se contenta de l’observer avec le plus de recul possible. Evidemment, il n’en avait aucun. Nathanael n’était pas capable de savoir ce qu’il ressentait, ce qui était raisonné ou passionné, mais, en effet, elle avait cette apparence particulièrement pathétique qui fendrait le cœur du jeune Nexus. Il eut pitié d’elle comme n’importe qui aurait eu pitié d’elle. Son cœur s’attendrit de la voir ainsi à son contact. Son réflexe était purement et simplement … humain. Nathanael l’était, mais elle l’embrassa de nouveau, et son corps se raidit, son sang se glaça, et son cœur referma l’étroite brèche qu’elle avait déjà percée malgré elle, et malgré lui.
- Me hais-tu tant que cela ?
D’un ton tout à fait neutre, Nathanael avait tourné son visage vers elle. Une lueur de défi perçait son regard mais Autumn lui tournait toujours le dos, et elle n’eut pas le luxe de le voir ainsi. Il venait d’être ouvert à étrange forme de lucidité. Ce n’était pas quelque chose de pervers ou de malsain, mais Nathanael savait qu’il n’aurait pas dû ressentir cette étrange forme de folie sentimentale. Une ivresse prompte et passagère lui torturait les entrailles avec acharnement, de telle façon qu’il ne répondait plus à aucune raison. Son cœur eut un raté avant de battre si rapidement qu’il en eut une amère douleur pourtant psychologique. Ses mains devinrent rapidement moites, et en quelques secondes, ses idées se brouillèrent de telle manière que rien ne lui appartenait plus, pas même ses propres réactions. Il bouillonnait d’un brasier sentimental quasi volcanique qui emprisonnait ses sens et le laissait à la merci de sa plus franche et plus rare impulsivité. Sur le coup même de sa réaction, Nathanael se vouait une haine considérable, mais très promptement, il eut les mots les plus durs qu’il n’eut jamais à dire – tant parce qu’il fallait les prononcer que parce qu’il fallait les entendre :
- Me hais-tu tant que cela pour chercher à me faire autant de mal ? Est-ce que ça te plait vraiment de te jouer de moi ? Tu penses honnêtement que tu peux me tourner autour, m’embrasser et finir par me jeter ? Tu ne sais rien de moi, absolument rien ! Tout est si facile quand on se joue psychologue et que l’on finit encore plus névrosée et monstrueuse que ses patients, n’est-ce pas ? Me torturer tant physiquement que psychologiquement, c’est ce qui te plait, hein ? Te dire que tu vas encore pouvoir me torturer te complait de telle façon que tu es encore plus perverse et sadique qu’on ne le dit ! Tu passes tes heures et tes jours à faire de mon existence un calvaire, à me chercher des problèmes que je n’ai pas ! Si c’est ça être considéré comme un homme, alors garde ta considération, Autumn, je n’en veux pas …
Ses propos étaient allés crescendo, mais il avait fini par s’apaiser dans sa violence. Il avait bien fait deux voire trois pas vers elle, mais il ne l’avait pas touché, et leur cercle d’intimité était encore particulièrement large. Il avait la sensation que s’approcher aurait été succomber à un péché quelconque. Quoi qu’il n’en ait pas vraiment la notion, il s’agissait, selon lui, de quelque chose de « mal ». Il avait fini par prendre l’habitude de la dureté des propos qu’il venait d’adresser à son interlocutrice, mais il n’eut guère le luxe de les regretter. Ce n’était absolument pas le fond de sa pensée, Nathanael ne savait pas être aussi « cru » et aussi « méchant ». La violence de ses mots ne lui ressemblaient pas, mais ressemblaient en revanche à ses « maux ». Elle lui avait fait mal, comme elle l’avait toujours fait souffrir, mais il n’était pas capable – comme un ignorant de premier ordre – de se rendre compte que c’était justement cette ignorance qui lui était si douloureuse. Car s’il avait pu nommer et définir correctement ce qu’il ressentait, il aurait compris que, en effet comme le disaient certain – entre l’amour et la haine, il n’y a qu’un pas …
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| Sujet: Re: PETITE CONFIDENCE A MA PSY Mar 8 Avr - 13:48 | |
| - Me hais-tu tant que cela ?
Autumn sursauta de surprise, ne s’attendant pas du tout à ce qu’il prenne la parole mais encore plus qu’il soit toujours dans son bureau. Elle s’attendait plus à ce qu’il parte en quatrième vitesse pour la fuir très loin. Elle aurait préféré car au moins, elle aurait pu se laisser aller tranquillement sur son canapé pour une sieste, histoire d’effacer ce sentiment amoureux qui gagnait progressivement de plus en plus de terrain dans son cœur. Elle luttait depuis plus d’un an, se refusant de donner son cœur à un autre homme, encore plus à Nathanael qui ne connaissait rien à l’amour. Ce n’est pas qu’elle n’avait pas confiance en lui, mais plus en son inexpérience. Il était trop mal en point pour subir une nouvelle trahison et elle ne pourrait que venir avec lui. Si elle lui montrait la voie de l’amour et du sexe, peut-être irait-il chercher ailleurs après. Une sorte de « comparons les marchandises ». Elle était injuste mais on se protège comme on peut. Pour l’heure, elle se retourna vers lui, intriguée, prête à lui dire qu’il se méprenait mais elle n’en eut pas l’occasion. Son coup de cœur se métamorphosa en colère, haine. Depuis un an, c’était la première fois qu’elle le voyait si vivant, si passionné pour quelque chose. La première fois qu’elle le voyait si blessant envers elle mais d’un côté, elle qui cherchait à le provoquer, venait de remporter la victoire. Une victoire au goût amer puisqu’elle comprenait que comme tout le monde, il ne voyait pas plus loin que son nez. Ainsi il faisait cas des on-dit, de sa réputation sulfureuse. Venant d’une autre personne, elle aurait sourit avec défi, fait mine de ne pas être atteint. Après tout, qu’on dise du bien ou du mal d’elle, tout ce qui lui importait était qu’on parle justement d’elle. Or, aujourd’hui chaque mot avait la force d’un coup de poing et elle souffrait le martyre.
Son regard d’habitude si chaleureux devint aussi froid que la glace et aussi explosif qu’un volcan en pleine irruption. D’un geste brusque, elle le gifla en prononçant un : arrête autoritaire. Elle voulait qu’il se taise, elle voulait qu’il parte, qu’il s’en aille pour ne plus jamais revenir. Elle voulait fuir tout simplement car cette vérité faisait mal. Est-ce qu’il avait ne serait-ce conscience du mal que ses propos lui infligeait ? Savait-il qu’elle accordait beaucoup de crédit à ses paroles ? Bordel, ignorait-il à ce point les signaux qu’elle lui envoyait.
« Tu as gagné ! Tu es un homme dans toute sa splendeur. Tu veux savoir la vérité ? Je ne te hais pas, c’est même tout le contraire mais ça tu ne pourras jamais le comprendre car tu ne vois en moi qu’une sadique, qu’une fille facile et j’en passe et des meilleures. Finalement j’ai obtenu ce que je voulais. Que tu exprimes ta colère, que tu vives tes émotions. Un sans faute !»
Un mélange de tristesse, de colère et d’amertume se mêlait à sa voix. Son regard continuait de lancer des éclairs et comme quand elle était en colère, elle pointa son index sur le torse de Nathanael pour le faire reculer avant de se reculer elle-même pour se diriger vers la porte. La main sur la poignet, elle se retourna vers lui, son tourment encore plus virulent que précédemment. Si elle s’écoutait, elle l’aurait une nouvelle fois giflé mais en même temps, elle l’aurait bien plaqué contre le mur pour étancher cette soif de l’embrasser. Une vrai sado masochiste.
« Comme tu penses que je prends mon pied à te torturer, qu’est ce que tu fais encore dans mon bureau ? Ah moins que le fait de me balancer tout ça te fasse du bien ? Une sorte de défouloir ? Et oui, la méchante psy qui est en réalité le monstre, la méchante de l’histoire. Tu veux mon avis ? En fait ça te brûle de l’intérieur car tu ne sais pas ce que tu ressens face à moi. Je te mets mal à l’aise, je te fais ressentir des choses que tu ignores et qui t’effraie. Soit, tu veux rester dans ton cocon, restes-y ! Ça serait dommage que les gens te prenne pour un homme hein ? Quoi ? Tu veux quelque chose que tu refuse en bloc. D’un côté tu veux que l’on te considère ainsi mais quand une personne le fait, elle est responsable de tes malheurs. Un trait typiquement humain crois moi. Alors tu sais quoi ? Retourne à ton ordinateur écouter les vieilles filles de cette foutue base qui sont frustrées de pas se faire sauter. Oui j’ai une vie sexuelle mais contrairement à ce que l’on dit ici, je n’ai jamais couché avec un patient ni fait du harcèlement sexuel à qui que ce soit. Tu es le premier avec lequel je me montre ainsi et crois moi, t’es le dernier car comme tu dis j’adore faire de ta vie un calvaire. »
Autumn prit sa tête entre ses mains avant de rabattre ses cheveux en arrière pour se calmer. Mon dieu, elle engueulait un patient. Ça n’allait vraiment pas aujourd’hui. C’était de sa faute aussi, si seulement elle n’était pas amoureuse de lui car c’était bien d’amour dont il était question et ça l’effrayait à un point que personne ne pouvait l’imaginer. Finalement, épuisée, Autumn s’adossa à la porte et baissa la tête, sa chevelure brune encadrant son visage triste. Elle l’aimait mais il la haïssait car il ne comprenait pas ses réactions, car il refusait en bloc de se laisser aller sur ce terrain la. Et elle, elle se haïssait de ressentir cela pour lui, elle se haïssait d’être si faible face à son regard, face à cette déferlante d’émotions.
« Je suis désolée, j’ai été égoïste en pensant que je pouvais t’avoir mais j’ai la réponse à ma question. Je ne t’ai pas jeté mais il m’est interdit d’aller plus loin avec toi tant que tu es mon patient. C’est pour cela que je voulais te confier à un collègue. Je voulais tout bêtement pouvoir être autre chose que pour toi qu’une thérapeute mais je sais ce que tu penses de moi maintenant. Tu vois ça a au moins le mérite d’être clair quand tu t’exprimes. La séance est terminée. » S’adressa-t-elle à lui d’une voix monotone.
Autumn se laissa tomber sur son canapé et prit sa tête dans ses mains. Elle ne s’était jamais sentie aussi fragile qu’à cet instant. Jamais elle n’aurait cru que sa réputation pourrait devenir une arme contre elle. Depuis très jeune, elle s’amusait de cette image sulfureuse mais aujourd’hui, elle constituait un obstacle insurmontable. Assise sur son sofa, elle ressemblait à une petite fille sans défense, comme celle qu’elle n’avait jamais cessé d’être en regardant sa mère se détruire par amour pour son père. L’amour n’est qu’une destruction, n’est qu’une souffrance universelle, un fruit défendu. Un cadeau empoisonné et Nathanael lui avait offert sur un plateau d’argent. Elle le détestait pour cela de la même force qu’elle l’aimait. Une voie sans issu ou pas ? _________________
I was leaving footprints, Tainted by my past, On this winding road to you I'd lost my faith in love, Tonight I believe again, My heart was a broken place And now I feel whole again |
|  | | Nathanael Cohen Resp. Informatique CR

 Inscrit le : 23 Mar 2008 Messages : 600 Age du Personnage : 26 ans Pouvoir(s) : Technopathie Nexus? : Oui..1er GEN Humeur :
   (60/100) Disponibilité RP : Disponible Présence : Présent sur le fo' Feuille de personnage Citation: "Tant pis, n'en déplaise à Dieu, ce n'est pas en lui que je crois." Lien(s):
| Sujet: Re: PETITE CONFIDENCE A MA PSY Mar 8 Avr - 15:21 | |
| L’instant où il se sentit fier de lui ne dura que quelques secondes. A peine le temps qu’il fallut à Autumn pour le gifler en réalité. Ce fut précisément à ce moment-là qu’il prit conscience de son erreur de jugement et surtout de réactions. C’était pour éviter ce genre de scènes absurdes qu’il avait toujours refusé de parler de ses sentiments. Déjà, un être humain est souvent tourmenté, torturé et blessé par ses sentiments, ce qui apparaît comme normal, finalement, mais pour lui les causes et les conséquences semblaient amèrement décupler de telle façon qu’aucun contrôle ne puisse y être apposé. Ses émotions devaient être abstraites, car il était censé être le parfait petit soldat. Cependant, Nathanael ne pouvait s’empêcher d’être le plus humain des Nexus. C’était une maigre consolation comparer au fait que cette humanité courant si joyeusement ses veines venaient de se manifester avec la stupidité la plus première et la plus dure surtout. Tous les mots qu’il avait prononcés avaient dépassé sa pensée. Pas un seul qui fut sortit de sa bouche n’était le reflet de ce qu’il s’intimait depuis si longtemps intérieurement. Si c’était cela être humain, il n’en voulait pas non plus. C’était si difficile, si compliqué. Ces sentiments et ce ressentiment qui le perçaient continuellement, ces doutes, ces peurs, cette absence quelconque de courage. Tout ce qui était humanité était son aspiration et son aversion la plus profonde. Si être un homme revenait à faire souffrir une femme, alors Nathanael n’était plus certain de vouloir en être un …
- Je …
Il ne savait plus quoi dire. Excessivement mauvais signe chez lui, lorsqu’il n’avait plus d’élocution, il était certain que son malaise revenait. Il n’y avait qu’avec elle que cela se produisait d’ailleurs. Sans doute parce qu’Autumn était la seule capable de le pousser dans ses derniers retranchements, même si ce n’était que très rarement en faveur de son bien. Globalement, il existait tellement d’ambiguïtés entre eux qu’ils ne parvenaient pas à se comprendre à s’entendre, et si c’était la franchise et la spontanéité qui semblaient avoir perdu la jeune femme, c’était bien l’ignorance et la peur qui l’avaient perdu, lui. Nathanael nageait dans une eau si trouble qu’il ne s’y reconnaissait pas. Jamais il n’avait dit du mal de quelqu’un, jamais il n’avait fait souffrir quelqu’un. En tous les cas, jamais volontairement. C’était si délicat, si « inhumain » de prononcer de tels mots, d’avoir de telles pensées, d’oser de tels gestes … Il était un peu tard pour se rendre compte de tout ce qu’il venait de faire et de tout ce qu’il n’aurait surtout pas dû. Les mots qu’elle venait de lui tenir l’effleuraient sans rien lui faire car il avait déjà pris conscience de tout. Elle n’avait pas totalement tort, mais pas non plus totalement raison. Tout comme lui. Nathanael savait que, dans le fond, il n’aurait jamais pu réagir autrement mais qu’il aurait dû essayer. Il connaissait ses propres motivations, mais les trouvant si amères, il n’arrivait plus qu’à les regretter. En somme, le cycle infernal allait reprendre, car le point de rupture n’avait pas été satisfaisant.
- Autumn, je …
Plus il parlait plus il avait la sensation que continuer ne ferait que l’enterrer davantage. C’était inutile de remuer le couteau dans la plaie, mais il l’avait déjà tant fait. De toute façon, elle n’était pas plus disposée à l’écouter que lui à parler, si bien qu’il faisait encore mieux de se taire, comme il n’aurait jamais dû cesser d’ailleurs. Sa conviction profonde était qu’il n’aurait jamais dû venir, jamais dû parler. Mais cela revenait à dire qu’il n’aurait jamais dû ressentir cet étrange sentiment qu’il n’appelait « amour ». Impossible. Tout ne dépendait pas de lui, voire rien d’ailleurs. Il se sentait démuni et impuissant car il combattait quelque chose qu’il ne pourrait jamais vaincre. C’était comme affronter ses propres fantômes, tout en sachant qu’il ne leurs ferrait rien. Il se sentit soudainement abattu et résigné, perdu et anéanti. Il était désespérément malheureux, mais il ne savait pas non plus le nommer. Il tourna les talons, avec toute la lassitude et le regret qui existait dans chaque partie de son être. Ce n’était pas une erreur qu’il venait faire mais bien une série qui faisait que chacun de ses pas, désormais, le ramenait toujours plus douloureusement vers le monstre qu’on lui avait toujours décrit par le passé.
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# L'HOMME FIT LES NEXUS ... ET DIEU CREA LA FEMME, HEIN ? # |
|  | | | PETITE CONFIDENCE A MA PSY | |
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